Catherine Bardot


Catherine Bardot naît au Bouchereaud de Vendat le 19 ventôse an XIII (10/03/1805), fille de Gilbert et Jeanne Lafaye, avant Quintien le 23/06/1807 et Pierre le 30/10/1810. Gilbert est locataire au Bouchereaud.

La famille avec les 3 enfants âgés de 15, 13 et 10 ans s'installe ensuite, vers 1820, à de Mique, dans la même commune. Mique et Bouchereaud sont très proches, à la limite de Vendat vers Saint-Remy.

Leurs voisins sont Pierre Neury et Magdeleine Michelle. Ils se sont mariés au Lonzat le 1er ventôse an XI. Il est le 13/05/1785, elle a 4 ans de plus. Ils ont eu rapidement 4 enfants nés au Lonzat, Pierre Neury travaille comme journalier. Ils arrivent ensuite à Demique à Vendat, près de la famille Bardot.

Magdeleine âgée de 48 ans meurt le 19/04/1828, et c'est Gilbert Bardot et un autre voisin, tous deux métayers à Demique, qui déclarent le décès à la mairie de Vendat, en qualité de voisins.

Premier mariage de Catherine

Catherine Bardot de 23 ans n'est pas encore mariée....Elle épouse le 17/06/1828, à Vendat, son voisin, Pierre Neury 42 ans, veuf depuis deux mois. Elle a donc 19 ans de moins que lui et est du même âge que ses beaux enfants, André et Jeanne. Les parents de Catherine sont présents et consentants. Font-ils un contrat de mariage ????? aucune indication à ce sujet....

Le père de Catherine, Gilbert, meurt la même année, le 25/10/1828 âgé de 50 ans (en fait 54 ans).

Pierre Neury et Catherine ont quitté Vendat Mique pour le Chambon de Saint Remy en Rollat, où Pierre est laboureur. C'est là que naît leur premier enfant, Jeanne, le 19/03/1830.

La mère de Catherine, Jeanne Lafaye, meurt à 63 ans le 20/09/1830 au Chambon comme « métayère » : à son veuvage elle a donc habité chez sa fille et son gendre.

Catherine et Pierre quittent Saint-Remy en Rollat pour Vendat, a lieu le 09/08/1831 un double mariage dans la famille Neury: André épouse Marie Bard et Jeanne épouse Quentien Bardot. Catherine devient donc la belle-mère de son frère cadet!!!!!!!

Il n'est pas question de contrat de mariage sur les 2 actes de mariage, mais cela ne signifie pas qu'ils n'ont pas été établis. Il reste à les trouver.....

Le couple Pierre Neury- Catherine Bardot travaille comme métayers et ils changent donc assez souvent de lieu. Les baux sont en général de 3 ans....

Plusieurs enfants naissent à Vendat: Françoise le 28/12/1833, mais l'enfant décède à 6 mois, puis Blaize le 10/09/1835 au Mariolles.

Lors du recensement de 1836 ils viennent d'arriver à Saint-Didier. 5 enfants vivent avec Catherine et Pierre : 3 des enfants de Pierre de son premier mariage , et les 2 enfants de Pierre et de Catherine, Jeanne 6 ans née le 19/03/1830 et Blaise 9 mois né le 10/09/1835, mais pas de domestiques, et pas non plus les 2 frères de Catherine.

Pierre et Catherine sont encore métayers à Saint-Didier la Brosse, quand Pierre Neury fils épouse à Saint-Remy le 21/08/1838 Marie Bardin, la soeur de la deuxième épouse de Pierre Bardot. Après le mariage la résidence du couple sera celle du père du futur, avec lequel ils feront commune pour tout ce qui aura rapport au bénéfice de leurs travaux et industries.

La communauté comportera 4 têtes:

  • Jean Neury , le jeune frère de Pierre, encore célibataire
  • le père Pierre Neury
  • Catherine Bardot son épouse
  • Pierre Neury et Marie Bardin

Jeanne et Blaise seront nourris et entretenus aux frais de la communauté à la charge néanmoins d'employer leur travail aux profits de la communauté. Or en 1838 Jeanne a 9 ans et Blaise 3 ans..... Blaise n'est pas encore en âge de participer au travail de la communauté....

Catherine a un troisième enfant, Jean, qui naît le 19/05/1839 à La Brosse et c'est Pierre Neury fils, 27ans, donc le demi-frère de l'enfant, qui déclare la naissance. Pierre est lui aussi métayer au lieu de La Brosse, puisqu'il vit en communauté avec son père et sa belle mère.

Premier veuvage de Catherine

Pierre Neury père meurt le 04/09/1840 à Saint-Didier. Les 3 enfants qu'il a eus avec Catherine sont tous mineurs : Jeanne (11 ans), Blaize (5 ans) et Jean (un an). Il faut donc les placer sous tutelle en désignant tuteur et subrogé tuteur, lors d'un conseil de famille. Catherine devient tutrice de ses 3 enfants.

Catherine se réfugie chez ses frères Quentien et Pierre, alors en association au Baux de Saint-Didier, pour accoucher d'une fille naturelle Gilberte Bardot le 25/02/1843. Les 2 frères déclarent la naissance.

Elle reste ensuite chez ses frères (avec ses 4 enfants?), mais la petite Gilberte meurt à 3 mois le 18/05/1843, 3 semaines après son cousin Jacques, le fils de Quintien âgé d'un an et décédé le 07/04/1843. Il ne peut s'agir de hasard, mais plutôt de maladie enfantine contagieuse...

Nouvelles catastrophes familiales: Quintien meurt le 17/09/1843, suivi de près par sa femme le 20/01/1844, qui a accouché 5 jours avant d'un fils posthume Antoine. Ce dernier meurt le 15/09/1844 chez Pierre Bardot son oncle....

Catherine reprend son indépendance et habite ensuite rue Vallière, à Saint-Didier. Elle ne peut travailler que comme journalière car elle a sa fille Jeanne et sans doute ses fils Blaize et Jean avec elle.

Jeanne, meurt le 16/11/1843, âgée de 14 ans. Cette fois-ci ce sont Pierre Neury 33 ans, locataire aux Gaillots, son demi-frère et un voisin qui déclarent le décès. Catherine a donc gardé des relations avec la famille Neury.

En 1846 Catherine est recensée à Paray, vivant comme ouvrière avec son fils Blaize âgé de 8 ans: en fait Jean né en 1839, le dernier enfant de Catherine, est âgé de 7 ans et Blaize lui, né en 1835 a 11 ans. Il semble donc qu'il y ait une confusion de prénom..... Sans doute Blaize est-il placé comme domestique et seul Jean vit encore avec sa mère..…

Deuxième mariage de Catherine

Catherine se marie avec Joseph Bourgeon, journalier à Saint-Didier, le 20/09/1848 à Paray: elle a déjà 43 ans, est veuve et travaille comme ouvrière dans la commune.

Lui est veuf en premières noces de Marie Carton épousée le 24/05/1828 et décédée dans la commune le 20/11/1832 et en deuxièmes noces de Marie Forestier épousée le 08/01/1833 et décédée également à Saint-Didier, le 18/06/1846. Il a toujours vécu à Saint-Didier. Il est déjà âgé de 50 ans, né le 16 frimaire an VII à Saint-Didier.

Après le mariage Catherine et Joseph demeurent à Paray.

En 1851 Catherine vit avec son deuxième mari Joseph Bourgeon, journalier au bourg de Paray; quant aux 2 fils, Jean et Blaize il y a un problème dans le recensement. Ils ont alors 16 ans et 12 ans....Or un Jean Neury âgé de 18 ans est recensé à Paray, Cor de bœuf, comme domestique chez la famille de Pierre Poput, métayer de 62 ans. S'agirait-il de Blaise, âgé de 16 ans ?????? Il y a déjà eu confusion entre les prénoms des 2 frères ?....

Le 03/03/1856 Blaise Neury, âgé de 20 ans, passe le conseil de révision de la classe 1855 à Saint-Pourçain ; il est domestique, dans cette commune. Il est déclaré bon pour le service militaire mais comme il a tiré un bon numéro (115) il n'est pas incorporé.

Deuxième veuvage de Catherine

Catherine ne reste pas longtemps mariée: Joseph Bourgeon, son mari décède en effet à 58 ans le 03/04/1856 à Lyon, à l'Hotel-Dieu, il était en voyage.... Le décès est déclaré par deux employés de l'hôpital. Il est indiqué comme journalier à Paruy sous Briailles et veuf de Marie Carton et de Marie Forestier, mais pas de Catherine Bardot. Ses papiers ne sont donc pas en règle?...

Troisième mariage de Catherine

Catherine se remarie à plus de 50 ans, le 20/02/1860 à Paray sous Briailles. Cette fois ci son frère Pierre est témoin au mariage. Catherine épouse Claude Gouyard, propriétaire aux Graves. Né en 1809 il est plus jeune que Catherine de 4 ans. Lui aussi est veuf, et sans enfants vivants, de Magdeleine Gerieux, depuis 1859.

En fait leur état de propriétaires est très récent, car Claude et Magdeleine ont acquis le 08/12/1858 devant maître Cherieux une maison avec un jardin situés aux Graves de Paray sous Briailles et ils n'ont pas versé le prix total.

Le contrat de mariage de Catherine et Claude est établi chez le même notaire, à Saint-Pourçain, le 04/02/1860. Ils adoptent le régime de communauté réduite aux acquêts. Le futur apporte en mariage tous les biens immeubles qu'il possède et divers objets mobiliers évalués à la somme de 50 francs. La future apporte en dot un trousseau mobilier estimé à 40 francs et composé d'un lit avec son bois de lit en partie usé, une paillasse, un lit de plume, une couverture en coton , six draps de lit, quatre serviettes, cinq nappes, deux chaises et une vieille armoire.

En témoignage d'estime et d'amitié les futurs se font réciproquement donation entre vifs au profit du survivant, le futur à la future de toute la propriété et jouissance de tous les biens meubles et immeubles qui composeront sa succession. Dans le cas où la Catherine viendrait à décéder avant Claude ce dernier veut que la donation profite à Blaise et Jean Neury , enfants de Catherine, cultivateurs à Paray, ce que Catherine accepte pour eux.
En cas d'existence d'enfants la donation sera réduite mais comme Catherine est âgée de 55 ans, il y a peu de chance qu'un enfant naisse...

En avril 1860 Blaise Neury prête devant le notaire par deux fois une somme d'argent, qui correspond à ce que Claude n'a pas encore payé pour l'achat de la maison. Il devient donc le débiteur de son beau-fils. Il s'engage à rembourser la somme à Blaise avec les intérêts au taux légal.

Avec ce mariage Catherine peut parvenir avec Claude Gouyard à associer ses 2 fils, jeunes adultes  dans une société de culture. Mais pour Jean il faut d'abord régler la question du service militaire. Le conseil de révision de sa classe, celle de 1859, le 23/02/1860 Jean est reconnu bon pour le service, malgré "des pieds mal faits ". Contrairement à son frère aîné il n'échappe pas au service militaire. Il art comme appelé pour le 67ème régiment de ligne le 24/10/1860.

Blaise, lui est encore domestique, en 1861 à Saint-Pourçain-Rachalier. Pour travailler en association il faut qu'il vienne avec une épouse. Il se marie le 26/11/1861 à Saint-Pourçain. Son épouse, Elisabeth James, née le 30/11/1833 à Paray, est plus âgée que Blaise.
Le contrat de mariage est établi chez maître Cherieux le 17 du même mois. Blaise apporte en dot la somme de 578,20 francs, que lui doit son beau-père. De son côté Elisabeth apporte les biens et droits qui lui sont échus pour le décès de sa mère, encore indivis  et non liquidés, et une somme de 200 francs provenant de ses économies Son père lui donne à valoir sur les droits lui revenant dans la succession de sa mère un trousseau mobilier évalué à 200 francs..
Les futurs se font donation réciproquement de la part du premier mourant de l'usufruit de tous les biens meubles et immeubles. En cas d'enfant issu du mariage la donation sera réduite de moitié.

Le contrat fixe de plus les règles pour la société de culture: à compter du jour du mariage il y aura une société de travail et d'industrie  pour l'exploitation  des biens qu'ils cultiveront ensemble. Claude sera le chef et chacun  devra lui obéir " en tout ce qu'il leur commandera de juste et de raisonnable"'. Elisabeth a versé comptant la somme de 100 francs, sa dot, à Claude comme chef de la société. Chaque  associé aura 1/4 des gains, bénéfices comme des pertes et dettes.
Tout est donc prêt pour l'association. Ils prennent en bail (à moitié fruit ou à ferme?) un domaine à la Cafrate. (le bail n'a pas été retrouvé)

Pendant ce temps là Jean, fusilier au 99éme régiment d'infanterie de ligne 1er bataillon 5ème compagnie fait partie du corps expéditionnaire du Mexique. Il meurt à Orizaba (près de Veracruz), non pas par suite de blessures mais de variole confluente, dans l'hopital de San Jose de Gracia le 10/07/1862. Il est âgé de 23 ans....L'extrait mortuaire n'arrive que le 28/01/1863 à la mairie de Paray, domicile de la mère.

Le premier enfant de Blaise et Elisabeth, Simon, naît le 17/11/1862 à Briailles, c'est Blaise qui déclare la naissance accompagné par son beau-père Antoien James et son beau-frère Simon James. Aucun ne signe.

Mais une nouvelle catastrophe brise l'organisation de la famille : Blaise meurt le 01/11/1863 à son domicile. Ce sont son demi-frère Pierre Neury , cultivateur à Bayet. et son beau-frère Simon James, qui déclarent le décès. Blaise laisse sa femme sur le point d'accoucher. Marguerite naît le 21/12/1863 à Briailles, mais ne vit que 15 jours.

Sans Blaise et sans Jean, Catherine et Claude ne sont pas en mesure d'exploiter Cafrate, d'où la nécessité de mettre fin à l'association des  deux couples. Claude et Catherine versent à Elisabeth, en deux versements,  les 578,20 francs dus à la succession de Blaise. Elisabeth demeure dorénavant auprès de son frère à Saint-Pourçain et Claude et Catherine aux Graves de Paray, et sans domestique. Ils ont réintégré leur maison...

Troisième veuvage de Catherine

Claude Gouyard, âgé de 59 ans, meurt à son domicile aux Graves de Paray le 08/05/1869. Ce sont deux voisins qui déclarent le décès. Selon les clauses de leur contrat de mariage Catherine devient propriétaire de tous les biens meuble et immeubles de Claude. Mais Catherine, âgée de 64 ans,  est alors seule, elle n'a plus ses fils pour la soutenir dans sa vieillesse. Elle fait alors appel à son frère cadet, Pierre.

Pierre et sa femme Anne Dubost achètent à Catherine le 22/05/1869 la maison avec cour et jardin  et la terre attenante , le tout situé aux Graves de Paray; Catherine leur vend également la nu-propriété de tous les objets mobiliers, l'usufruit devant être réuni à la nu-propriété à son décès. Il s'agit de

  • deux bois de lit, deux paillasses de lit, trois lits de plumes, trois traversins, une paire de rideaux bleus en laine, deux couvertures pour 140 francs
  • dix draps de lit, trois serviettes, trois armoires en parties usées, une table en bois blanc, une maie et trois chaises pour 60 francs 

Pierre et Anne s'engagent de plus à verser à Catherine une rente viagère de 200 francs par an en deux termes égaux payables à l'étude du notaire le 11 novembre et le 11 mai.mais dans le cas où Catherine irait habiter chez son frère, Pierre et Anne devraient la soigner, nourrir, loger et entretenir," tant en santé qu'en maladie" et alors ils ne paieraient qu'une rente de 50 francs.

Catherine est en effet recensée en 1872 domiciliée à Saint-Gilbert de Saint Didier en Rollat, chez Pierre. Avec son frère elle fait établir le 27/04/1872 chez maître Cherieux un bail à ferme à Antoine Bouchet pour 3 ans à partir du 11 novembre 1872 concernant la locaterie située aux Graves. Le fermage est fixé à 200 francs  dont 35 pour Catherine et le reste pour Pierre.

En 1875 le bail n'est pas renouvelé. La locaterie est donnée en bail  de 3 ans, à moitié fruits, à Gilbert Dufour et Anne Etienne, à partir du 11/11/1875.

Décès de Catherine

Catherine meurt le 21/09/1875 chez son frère à Saint-Gilbert , âgée de 70 ans. Pierre et Anne deviennent donc propriétaires de la locaterie des Graves.