François Gueret

le 23/04/1833 à Lapalisse/aux Caves, François est le fils de Laurent Gueret, journalier et Marie Desvernes.  François a une sœur aînée, Benoîte, née à Varenne sur Têche le 27/04/1822.


son enfance

François perd ses 2 parents en 1835, sa mère le 24 février, son père le 4 avril, il n'a que 2 ans, sa soeur 13 ans.....Il est donc élevé sans père ni mère....Son tuteur est Philippe Devernes, son oncle, tisserand à Sanssat, mais François n'est pas pris en charge par son oncle : il n'a pas été recensé en 1836 et 1841 auprès Philippe Devernes et sa femme Marie Valette, couple sans enfants. Il n'est pas non plus auprès du frère de Marie, Guillaume Deverne, tisserand à Magnet, ni chez le frère de Laurent, Louis Gueret, journalier, demeurant à Varennes sur Teche.

François est sans doute placé en nourrice- mais où ?…..Quant à Benoîte, nettement plus âgée, elle est placée domestique à Sanssat: en 1836 chez André Besson et Jeanne Papon, propriétaires, puis chez l'oncle Philippe Deverne et Marie sa femme en 1841 et 1846. Le couple marque une préférence pour Benoite...

François âgé de 13 ans est recensé en 1846 comme domestique chez la famille Tanto/Baudoin à Sanssat, puis en 1851 chez Antoine Coutelard métayer au bourg de Sanssat.

Le 02/04/1847 Philippe Desvernes, propriétaire tisserand à Sanssat, est déclaré « trésorier de la fabrique de la paroisse » à Sanssat. Il est donc une personne importante et jouit d'une certaine aisance...Mais bien que sans enfants il ne prend pas soin de son neveu, et ne lui apprend pas son métier de tisserand...


le conseil de révision

De la classe 1853 François lors du conseil de révision le 08/05/1854 à Varennes, François tire le numéro 9 mais est exempté pour faiblesse de constitution.

En 1856 François toujours à Sanssat a changé de patron. Il travaille au domaine de la Gobiertère chez Gilbert Jayet métayer avec sa femme et 3 jeunes enfants. François est leur seul domestique.

son mariage

A 26 ans il se marie à Saint-Félix le 08/03/1859 avec Marie Barnabet, née le 17/02/1839 à Saint Félix. Philippe Devernes comme « oncle » assiste au mariage, le mari de Benoite est le deuxième témoin de François..

Le contrat de mariage est établi chez Maître Morand le 23/10/1859, là aussi en présence de Philippe Devernes. Ils choisissent le régime de la communauté. François apporte un mobilier de 50 francs : un bois de lit et une horloge, l'épouse un trousseau de 120 francs :

  • des rideaux de lit en coton rouge et une couverture provenant de ses économies
  • un trousseau fourni par ses parents en avance d'hoirie sur leur future succession comprenant
  • un lit complet couette et traversin,
  • 8 draps de lit 10 serviettes 6 nappes en toile de ménage,
  • une armoire en noyer.

Cohabitation familiale

Après le mariage le couple demeure à Saint-Felix/Byat auprès des parents de Marie, Charles Barnabé et Madeleine Forest. Comme dans le contrat de mariage il n'est pas question de création d'une société de travail, François travaille sans doute comme salarié pour son beau-père.

Deux enfants naissent : Marguerite le 18/10/1860 et Claude le 28/03/1864

Le 19/02/1863 Charles Barnabé meurt, la famille demeure alors à la Girardière, comme locataires. François déclare le décès avec son beau-frère Claude Barnabé lui-même fermier au bourg de Saint-Felix. Madeleine Forest reste auprès de son gendre et sa fille à la Girardière, et François embauche un jeune domestique.

Puis la famille quitte Saint-Felix pour Billy Fougerat. François Gueret et Marguerite s'associent à Gilbert Nebout marié à Madeleine Barnabé, sœur de Marguerite.

Association avec son beau-frère

  • son veuvage

Marguerite meurt le 10/02/1871 à Billy, suivie peu après par sa mère, le 24/04/1871. François fait les démarches habituelles à la suite du décès de son épouse. Il a été désigné lors du conseil de famille tuteur de ses 2 enfants, le subrogé-tuteur étant l'oncle maternel des orphelins, Claude Barnabe cultivateur à Saint-Félix.

François fait aussi appel le 07/06/1871 au notaire, Pierre Grand, pour établir l'inventaire de la communauté qui existait entre lui et Marie.

La communauté consiste donc en divers objets pour un total de 1584 francs:

  • charrette araire, jougs, pioche , herse, charrue, chard ….F
  • une horloge 15 francs
  • bénéfice de cheptel 635 francs
  • lit garni avec rideaux 100 francs
  • armoire en noyer 50 francs
  • 10 draps 50 francs
  • 6 serviettes et 3 nappes 9 francs
  • 12 chemises de femme, tabliers, mouchoirs robes 17 francs
  • lot de vaisselle en terre 12 francs
  • 2 hl de vin 60 francs
  • 20 kg de chanvre peigné 12 francs
  • labours d'orge ou froment 148 francs

Au moment du décès il n'y avait pas d'argent comptant dans la maison. Par contre au moment du décès il était dû :

  • au médecin 20,60 francs, au pharmacien 5,25 francs, ce qui montre que Marie était malade et a été soignée..
  • pour le cercueil 10 francs, pour la tutelle 13 ,65 francs, pour les frais funéraires 40 francs
  • à Gilbert Nebout pour avance d'argent ou fournitures de blé 1000 francs
  • au propriétaire Delarochette pour loyer ou comptes arriérés 863,57 francs
  • à Barnabe subrogé-tuteur pour argent prêté 200 francs

Le passif est donc supérieur à l'actif, situation financière plutôt inquiétante.

Aucun des deux conjoints n'a recueilli de legs ou succession. Cependant les mineurs recueillent après le décès de leur mère la succession de leur grand'mère maternelle se composant d'une somme de 600 francs qui sera touchée par François Gueret en qualité de tuteur légal, mas dont il ne peut faire usage.

Le 19/11/1871 devant Maître Grand François Gueret rend à Claude Barnabet les 200 francs qu'il lui devait. Le même jour François  reçoit pour ses enfants l'héritage de Madeleine Forest, laissant comme héritiers, ses 4 enfants, un fils et 3 filles dont Marie décédée. La part de chacun s'élève à 600 francs.

François, veuf avec 2 enfants encore très jeunes, reste auprès de son beau-frère. Ils emploient 3 domestiques, dont 2 filles. Une autre épreuve touche François son fils Claude : le registre de recensement indique que Claude est sourd-muet depuis l'âge de 7 ans, mais sans précisions ….

  • Son remariage

François décide de se remarier. Il épouse Jeanne Devernes, une cousine, veuve également et mère d'un fils, André Tury le 26/10/1872 à Billy,Philippe Devernes 68 ans tisserand à Sanssat, oncle, est de nouveau témoin de François, ainsi que Gilbert Nebout 49 ans, métayer à Fougerat beau frère, époux de Madeleine Barnabe

Le contrat de mariage est établi chez Maître Grand le 24/10/1872.Jeanne, au moyen du conseil de quelques parents fait l'évaluation des valeurs mobilières ayant composé la succession et la communauté de son défunt mari, qui s'élève à la somme de 325 francs.

Les futurs époux se font la donation de l'usufruit du quart de tous les biens laissés par le premier mourant.

Le futur se constitue comme provenant de la succession et la communauté de sa défunte femme différents droits mobiliers (inventaire dressé le 07/06/1871)

Jeanne intègre avec son fils la communauté familiale qui associe François à son beau-frère.

  • succession de Philippe Deverne

A cette occasion se manifestent la préférence de Philippe pour sa nièce  et les difficultés financières de François.

Philippe Deverne, l'oncle de François Gueret, décède à Sanssat le 07/09/1873, sans enfant, mais laissant une veuve, Marie Valette, commune de biens et donataire en usufruit, selon son testament reçu par Maître Grand le 13/07/1870. Philippe et Marie avaient fait rédiger chacun, par le même notaire, le même jour, son testament.

François Gueret et sa sœur Benoîte font partie des héritiers naturels mais comme Marie Valette est usufruitière, ils doivent attendre le décès de celle-ci pour toucher leur part. D'autre part Philippe lègue à Benoite Gueret sa nièce, ainsi qu'à sa petite nièce Benoite Guillon 16 ans, à Philippe Mourlat fils naturel de Gilberte Mourlat, nièce de Marie Valette, à Anne Buffet sa nièce, et à Gilberte Mourlat « sa domestique »diverses sommes.François Gueret, lui, bien que neveu, n'est pas légataire de son oncle.....

Marie Valette fait établir l'inventaire des biens de Philippe Devernes le 19/09/1873.

Le 13/02/1874 François Gueret et Jean Faure agissant comme mari de son épouse Anne Buffet vendent à Pierre Devaulx, tous les droits successifs leur revenant dans la succession de Philippe Desvernes leur oncle décédé; ces droits qui ne sont que mobiliers sont indivis avec leurs cohéritiers collatéraux et Marie Valette la veuve Devernes. Cette cession est faite moyennant 100 francs pour Gueret et 60 francs pour Jean Faure, que l'acquéreur a payé comptant. L'acquéreur paiera les frais occasionnés par la dite succession.

Le 13/07/1874 maître Grand dresse l'état liquidatif et le procès verbal concernant la liquidation Devernes, en vertu d'un jugement du Tribunal de première instance de Cusset du 26/05/1874. Mais François Gueret n'a plus rien à voir avec la succession....

Marie Valette, la veuve de Philippe Deverne, décède le 04/07/1878 à Sanssat. Maître Grand est donc chargé de la succession de Philippe et de Marie ..

Philippe avait décidé de favoriser Benoîte par rapport à François : il lui avait laissé 500 francs par préciput, hors part. « Sa nièce », Gilberte Mourlat reçoit les meubles, sauf les outils, qui vont à Philippe Mourlat, encore mineur, avec 300 francs. Il a légué le reste à ses héritiers naturels issus de son frère Guillaume et de ses sœurs : Benoîte Gueret épouse Chatard et François Gueret, enfants de Marie et les enfants de l'autre sœur. Mais en fait en ce qui concerne François, celui-ci ne touche pas sa part, puisqu'il a vendu ses droits le 13/02/1874 à Pierre Desvaux.

En 1880 le groupe familial Nebout-Gueret quitte Fougeras de Billy, propriété de la famille de La Rochette pour la Toulle de Crechy, où ils sont recensés en 1881. Ils sont métayers. André Tury 17 ans est considéré comme domestique, alors que Claude Gueret, du même âge, est déclaré « fils ». Un deuxième domestique est employé: Pierre Boirot âgé de 18 ans.

  • mariage de sa fillle

Marguerite Gueret, la fille de François se marie le 24/11/1883 à Crechy avec Jean Borduron,  âgé de 28 ans et journalier aux Vaux de Crechy. 

Un contrat de mariage a été établi chez Maître Grand le 18/11/1883. (Malheureusement les minutes des actes de 1883 n'ont pas été déposés aux Archives départementales. Il est cependant possible de reconstituer certaines dispositions contenues dans le contrat)

Association avec son gendre

Une société de culture a été établie comprenant les « chards », charrettes, instruments aratoires, bénéfices des bestiaux et des récoltes, divisée pour deux tiers pour François Gueret et ses autres enfants et un tiers pour Jean Borduron.

  • bail à moitié-fruits à Saint-Felix

Le 13/01/1884 François et son gendre demeurant ensemble au domaine du Bois à Sanssat acceptent devant Maître Grand un bail à moitié fruits de Claude Regnier, propriétaire fermier à Billy pour une année à partir du 11/11/1884 au domaine de la Brosse à Saint Felix, composé de bâtiments d'habitations et d'exploitations et une étendue de terres et vignes.

Le bail précise les tâches qui devront être exécutes par le métayers. Ils devront fournir sans indemnité toutes voitures nécessaires, pour réparation, construction ainsi que pour les charrois dont le bailleur aura besoin pour son utilité personnelle. Ils auront constamment pour la culture 4 hommes forts et robustes. En outre pour loyer les preneurs s'obligent à payer 505 francs le 11/11/1884.

La société s'installe à la Brosse de Saint-Félix.

André Tury, et Claude Gueret, demeurant à Saint-Félix, tous deux nés en 1864, passent le conseil de révision pour la classe 1884 le 23/04/1885 à Varennes sur Allier. André est déclaré bon pour le service, mais comme il a tiré le numéro 100 il n'est pas incorporé. Claude, quant à lui, a tiré le numéro 45 mais il est exempté comme sourd-muet.

Le bail était d'un an mais lors du recensement  de 1886 ils sont encore à Saint-Felix, ils ont donc obtenu une année supplémentaire.

séparation familiale

François et Jeanne se séparent de Jean Borduron, Marguerite et Claude.

Le 21/04/1886 devant Maître Grand, Jean et Marguerite (il est rare que le nom de l'épouse figure sur les baux...) acceptent un bail à ferme pour 3 ans, à partir du 11/11/1886. Il s'agit d'une propriété sise à Almandiere à Billy, composée de bâtiments d'habitation et d'exploitation, et attenant une étendue de 4,50 ha de terre.

Le 11/11/1886, c'est à dire le jour du début du bail de Jean et Marguerite à Almandière, François et son gendre mettent fin à la société de culture. Chacun a retiré les objets lui revenant, sauf la récolte en blé sur terre, dont 2/3 seront retirés par François et 1/3 par Jean.

François et Jeanne s'installent à Saint Germain des Fossés. Jean et Marguerite à Billy. Claude le frère sourd de Marguerite demeure auprès de sa sœur.

Il semble bien que François (et Jeanne?) deviennent propriétaires de leur maison du Coquet à Saint Germain des Fossés, la situation financière se serait donc améliorée pour François, après des années difficiles...En tout cas Claude, le fils de François, effectue des travaux dans la maison de son père....

Le 28/11/1886 François et son gendre régularisent la situation de la fin de la société devant maître Grand. François reçoit de Jean les 350 francs qu'il lui doit. Ils se déclarent réciproquement quittes au sujet de la société de culture.

Comptes de tutelle

Le même jour, devant le notaire, François Gueret a présenté les comptes de tutelle et le compte de gestion et administration qu'il a eu de la personne et des biens de ses 2 enfants, Marguerite représentée par Jean son mari, et Claude.

L'inventaire des biens de la communauté conjugale après le décès de son épouse (maître Grand le 07/06/1871) avait montré un déficit de 569 francs. Les 2 enfants ont ensuite obtenu de la succession de leur aieule Madeleine Forest 600 francs. Le trousseau de leur mère décédée a été retiré en nature par les 2 enfants.

François Gueret déclare donc qu'il ne doit que 300 francs à chacun de ses enfants.

François se trouve débiteur envers Claude, 100 francs venant du chef de sa mère décédée, et 150 francs pour indemnité de travail fait dans la maison de Gueret père. Il revient encore à Claude 200 francs prêtés à Claude Barnabe de Saint-Félix, son oncle.

François Gueret précise que le temps passé par Claude avec lui dans la maison et la société agricole a été «de sa bonne volonté» et qu'il a eu soin « comme entretien et nourriture» de son fils «qui vu son état de surdité assez prononcé devait être mieux que dans une maison étrangère». Cette mise au point laisse penser que des remarques ou des reproches  lui ont été adressés et qu'il cherche à se justifier...

François doit à Marguerite 100 francs seulement, puisqu'elle a déjà reçu 200 francs.

Jean, pour sa femme, et Claude ont examiné le compte dans le délai de la loi et le 16/01/1887 le reconnaissent juste et l'approuvent entièrement. François leur paie donc ce qu'il leur doit, et eux lui consentent quittance.

En 1891 François et Jeanne sont toujours cultivateurs Saint Germain des Fossés, Marguerite,  et son mari Jean Borduron cultivateurs à Almandière de Billy. Claude, le frère de Marguerite est cultivateur chez eux.

Son veuvage et ses dernières années

Jeanne meurt le 18/02/1892, à 47 ans en sa maison au Coquet à Saint Germain des Fossés. Ni André, ni François, ne déclare le décès, ce sont deux voisins: Barthelemy Thival 44 ans, employé au chemin de fer domicilié au Coquet, et Pierre Chargueraud 43 ans garde-champêtre domicilié section de la ville.

François Gueret la suit de peu: il décède un an après le 30/04/1893. Bien que domicilié à Saint Germain des Fossés, il meurt à Billy, à Almandière, car au domicile de son gendre. Celui-ci déclare le décès accompagné par Gilbert Nebout, cultivateur, beau-frère du défunt.