Gilbert Cour et Françoise Bardot

Deux des trois enfants de Gilbert Cour et Françoise Bardot se marient et fondent une famille. La fille entre dans sa belle-famille, le fils s'associe avec ses parents. Au moment du décès des parents le partage de la succession pose problème...

Le mariage

Gilbert Cour et Françoise Bardot se marient le 27/11/1855 à Saint-Didier en Rollat.

Gilbert, âgé de 30 ans (né le 01/05/1825 à Mazerier), fils de feu Jean et de Charlotte Bouyarel propriétaire à Bayet est domestique à Paray chez Claude Bardin. Au conseil de révision du canton de Gannat de 1846 il était déclaré cultivateur à Bègues. Il a été exempté pour cause de rachitisme, vue sa taille de 1,38 m. Son père est décédé, sa mère demeure à Bayet.

Françoise est née le 03/05/1834. Sa mère Françoise Vincent est décédée le 16/05/1837. Son père Pierre Bardot, remarié, est cultivateur métayer à Saint Didier en Rollat. Françoise est déclarée « sans profession spéciale » et domiciliée à Saint-Gilbert, elle vit donc chez son père et sa belle-mère au moment du mariage....

Les témoins au mariage sont les 2 frères du marié, Antoine Cour 35 ans et Jean Cour 33 ans. Les témoins de Françoise sont deux amis de ses parents.

Neuf jours avant le contrat de mariage a été établi devant Maître Cherieux, à Saint-Pourçain.

Le futur apporte en dot comme provenant de ses économies une somme de 300 francs en argent, ainsi que tous les droits généralement qu'il peut avoir à prétendre dans la succession de son père.

En vue du mariage le père de la future lui constitue en dot

  • un trousseau mobilier estimé à la somme de 200 francs et composé d'un bois de lit, une paillasse, un lit en plume un traversin une couverture de laine une courte pointe des rideaux en cotonne, 6 draps, 4 nappes, 6 serviettes, une armoire en noyer

  • une somme de 500 francs à imputer sur les droits de la future dans la succession de sa mère que son père promet de payer en numéraire devant Maître Cherieux dans le délai d'un mois.

Les futurs se font donation mutuelle et réciproque au survivant de l'usufruit et jouissance des biens du pré-mourant. En cas d'existence d'enfants cette donation est réduite à moitié toujours en usufruit.

Une société de travail et d'industrie est établi entre les futurs et Pierre Bardot et sa femme.

Pour former le fonds social de cette société les parties confondent, les père et mère tous les harnais, instruments de culture en leur possession ainsi que les récoltes pendantes leur appartenant; les futurs époux la somme de 150 francs prise sur celle de 300 francs, montant de la constitution dotale.

Les associés exceptent de cette société leurs trousseaux mobiliers respectifs et les linges de corps et vêtements à l'usage personnel de chacun d'eux.

Dans les gains et bénéfices comme dans les pertes et dettes il sera retiré ou supporté 2/3 pour les époux Pierre Bardot et 1/3 pour les futurs époux.

Le jeune couple s'installe donc à Saint-Gilbert selon les termes du contrat. Vivent en communauté:

-le couple des parents Pierre Bardot et Anne Dubost,

-le nouveau couple, Françoise (l'aînée) et son mari Gilbert Cour,

-les 3 enfants Bardot, Marie âgée de 13 ans, Pierre âgé de 9 ans, et Françoise âgée de 5 ans.

Naissance des trois enfants

Tous à Saint-Didier en Rollat:

Marguerite naît le 28/12/1855- un mois après le mariage de ses parents

Jean Court naît le 16/09/1860  et Pierre Gervais  le 19/06/1866.


Achat immobilier

Le 02/02/1861 Gilbert Court et Françoise achètent à Marguerite Charveron, veuve de Jean Quillier et à ses enfants un bâtiment de 2 chambres, avec une cour, un jardin, une terre et une vigne, le tout situé à Chante-alouette au moulin Goyet (Saint-Didier), et payé le 02/01/1864 devant notaire, Maître Cherieux.

Gilbert confie son bien à un colon.…

Les 3 enfants, Marguerite, Jean et Pierre Gervais fréquentent l'école et apprennent à lire et écrire, contrairement à leurs parents et grands-parents...

Achat immobilier

Le 02/02/1861 Gilbert Court et Françoise achètent à Marguerite Charveron, veuve de Jean Quillier et à ses enfants un bâtiment de 2 chambres, avec une cour, un jardin, une terre et une vigne, le tout situé à Chante-alouette au moulin Goyet (Saint-Didier), et payé le 02/01/1864 devant notaire, Maître Cherieux. Gilbert confie son bien à un colon.…


Fin de l'association familiale

La demi-soeur de Françoise se marie le 30/01/1872, le contrat de mariage prévoit une société de travail entre le nouveau couple et les parents Bardot, Gilbert et Françoise ne font pas partie de la société, il est temps pour eux de prendre leur autonomie. Cependant lors du recensement de 1872 ils sont inscrits à Saint Gilbert avec la famille Bardot. Sans doute attendent-ils le 11 novembre pour obtenir un bail.

Vente immobilière

Le 01/06/1874 Gilbert Court et Françoise  vendent leur bien à Etienne Challier, propriétaire à Saint-Pourçain. Le prix est fixé à 2600 francs, à payer en numéraire à l'étude de Maître Cherieux d'ici au 11/11/1876, et jusqu'au paiement intégral 5% d'intérêts seront payables chaque année. L'acquéreur devra faire sortir le colon à ses frais.

Locataires au Deffant

En 1876 Gilbert et Françoise sont locataires au Deffant, tout près de Saint-Gilbert, avec leur plus jeune fils, Pierre âgé de 10 ans. Les 2 aînés sont domestiques en attendant le mariage:

Jean à Lariaux de Saint-Didier, chez Louis Forgeron et Anne Bonnet. Lariaux est vraiment très proche du Deffant, et Marguerite au Plaix, également à Saint-Didier, chez Gilbert Sancelme. Lariaux est situé entre le Defant et le Plaix, la famille n'est donc pas dispersée...

Mariage de la fille Marguerite

Marguerite Cour se marie la première, le 30/04/1877 à Saint-Didier avec Gilbert Bourdier, fils de Sébastien et de Anne Bourdier. Gilbert, né le 25/06/1852 à Brout-Vernet, il a été exempté du service militaire actif pour faiblesse de constitution. Son père est décédé. Gilbert est fermier cultivateur aux Gaillots, à Saint-Didier en Rollat, en association avec sa mère, son frère et l'épouse de celui-ci.

Un contrat de mariage a été signé devant Maître Felidas de Brout-Vernet le 22/04/1877. Pour le contrat Marguerite est déclarée sans profession, et habitant chez ses parents cultivateurs au Deffant, alors qu'elle est domestique au Plaix.

Ses père et mère lui constituent en dot en avance d'hoirie un trousseau d'objets mobiliers évalué à 300 francs:

  • lit de plume avec ses enveloppes, traversin, paillasse, couverture de laine, courte-pointe
  • rideaux de lit, 12 draps de lit, 8 serviettes, 4 nappes, 8 torchons blancs, 6 de couleur
  • armoire en noyer

Après la cérémonie du mariage la future fera partie de la communauté qui a été établie, suivant l'acte passé devant le notaire le douze janvier 1873 entre la mère du futur, son frère Louis et l'épouse, ainsi que le futur. La future est désignée comme la personne que le futur s'était réservé d'introduire dans la société.

Gilbert et Françoise ont versé pour l'entrée en communauté de leur fille Marguerite 400 francs. Les objets mobiliers composant la dite communauté sont évalués 3000 francs. C'est Anne Bourdier qui est le chef de la communauté.

Marguerite signe le contrat « Marguerite Court », écrit assez adroitement: Marguerite a donc été scolarisée, comme d'ailleurs ses frères...


Décès de Jean Cour

Le deuxième enfant de Gilbert et Françoise, Jean, âgé de 18 ans décède le 10/02/1879 au Deffant chez ses parents. Pierre Bardot fils en qualité d'oncle, déclare le décès, accompagné par le garde-champêtre, François Leon 43 ans, qui signe l'acte.

Achat immobilier au Defant

Gilbert Court et Françoise Bardot deviennent de nouveau propriétaires: ils achètent le 12/03/1880 une petite propriété située au Deffant au prix de 5000 francs à Gilbert Bonnefoy marié à Marguerite Jutier demeurant au Deffant devant Maître Felidas. Il s'agit d'une maison avec cave, grange, petite écurie et terre attenante, le tout d'une superficie de 63,72 ares, et d'une petite parcelle de terre au même lieu de 36,78 ares. Les vendeurs se réservent la jouissance de ces biens jusqu'au 11 novembre 1880. L'acquéreur a immédiatement versé 1000 francs; quant aux 4000 francs de surplus ils sont payables dans 4 ans, avec intérêts de 5%. Il se réserve de se libérer de cette somme par anticipation et par fractions de 500 francs au moins à la fois.

Ni l'acquéreur ni le vendeur n'a su signer.

En 1881 Pierre-Gervais, âgé de 15 ans est domestique à la Caudre avec  2 autres domestiques.

Gilbert et Françoise sont recensés comme métayers  au Defant pourtant ils sont bien propriétaires. Ils emploient une domestique, Catherine Favier, 9 ans, qui est en fait une nièce de Françoise...

l'existence de leur fille

Marguerite Cour vit avec son mari Gilbert Bourdier et leur fils Gilbert âgé de 3 ans aux Gaillots avec sa belle-famille; mais ce n'est plus la mère Anne qui est chef mais son fils Louis, 31 ans avec sa femme Marie. Ils ont 2 enfants Gilbert 6 ans et Marguerite 12 jours. Ils emploient 2 domestiques.

Après le décès de Louis Bourdier la société n'est pas rompue, et le 03/02/1886 devant maître Felidas le renouvellement du bail à ferme pour le domaine des Gaillots est signé par Marguerite et Gilbert et Marie Bay, veuve de Louis Bourdier.

Le 28/03/1886 devant Maître Felidas Anne Bourdier, la mère, partage ses biens entre ses 3 enfants : sa fille Marguerite épouse de Gilbert Bardin, Gilbert époux de Marguerite Court et Gilbert et Marguerite Bourdier enfants de Louis décédé. Elle garde l'usufruit jusqu'à sa mort. Trois lots égaux ont été constitués et tirés au sort.

Reviendra alors à Gilbert et Marguerite une terre à Brolance de 30 ares et une soulte de 200 francs.

Lors du recensement de 1886 Marguerite Court et Gilbert Bourdier sont donc recensés aux Gaillots avec Jules 8 ans et Louis 3 ans, Annette 63 ans la mère du chef de famille, Marie Bay la belle-soeur veuve et ses 2 enfants ; et enfin 2 domestiques de 23 et 58 ans.

Anne Bourdier se retire de la société de collaboration formée entre elle et ses enfants. La société continue entre Gilbert et Marguerite pour 2 parts et la veuve de Louis Bourdier, Marie Bay également pour 2 parts, à charge pour elle de fournir le travail d'un homme.


Gilbert Cour et Françoise Bardot, eux, sont recensés comme cultivateurs au Defant, où ils demeurent seuls, et sans domestiques. Il n'est pas précisé s'ils habitent leur maison ou s'ils sont métayers...

l'existence du fils Pierre-Gervais

En 1886 Pierre-Gervais, domestique à Saint-Pourçain atteint l'âge du service militaire. 

De la classe 1886 il est reconnu propre au service, il sait lire, écrire, compter, monter à cheval ...

Le tirage au sort lui est favorable, il ne fait qu'un an de service, au lieu de 5 ans..

Après un bref service militaire, Pierre Gervais peut se marier jeune, à 24 ans.A Saint-Didier le 07/02/1891 il épouse Madeleine Tate de 22 ans.Pierre-Gervais est déclaré métayer avec ses père et mère,  à la Caudre, ils sont voisins des parents de Madeleine, prorpiétaires-cultivateurs....

Les témoins de Pierre-Gervais sont Pierre Bardot son oncle, et Gilbert Bourdier 38 ans, fermier aux Gaillots, le mari de sa sœur, ceux de Madeleine François Bay, son oncle et Antoine Tate son cousin.

Le contrat de mariage établi par maître Felidas le 01/02/1891 fixe les modalités de la société créée entre les parents Cour et le jeune couple, Pierre Gervais et Madeleine Tate  chacun d'eux pour 1/4. Les objets mis en société sont évalués à 2000 francs.

Les futurs se font donation réciproque au survivant de la jouissance de tous les biens du pré-décédé, sauf les réductions prévues par la loi.

Madeleine Tate apporte en dot, en avancement d'hoirie, divers objets mobiliers non détaillés évalués aimablement à 700 francs et une somme de 100 francs qu'elle verse dans la société.


Association père-fils à la Caudre

Leur du recensement de 1891 la famille Cour demeure à la Caudre selon les termes du contrat de mariage.  Ils sont à proximité de la famille Tate: Antoine, son épouse Marie Perrier, et leurs trois enfants adultes. Gilbert Cour et Françoise Bardot ont donc quitté le Defant, mais sont restés à Saint-Didier en Rollat.

Lors du conseil de famille en 1891 suite au décès de Pierre Bardot fils, qui laisse 5 enfants encore mineurs, Pierre-Gervais, cousin des mineurs,  est choisi comme subrogé tuteur, de préférence au grand-père paternel âgé de 81 ans
Pierre-Gervais et sa femme Madeleine demeurent à la Caudre auprès de Gilbert Cour et Françoise Bardot. Le premier enfant Jules est mort à 3 jours en 1892, une fille, Madeleine naît 1898.

Marguerite Cour et son mari Gilbert Bourdier demeurent dans la même commune mais aux Gaillots, comme précédemment, avec Gilbert 13 ans et Louis 8 ans, Jean Faure le beau-frère de 28 ans, nouvel époux de Marie Ray 35 ans avec les 2 enfants et 2 domestiques. Ils sont fermiers.

En 1896 à la suite des décès de Louis puis de sa veuve, Gilbert Bourdier et Marguerite quittent les Gaillots ils deviennent propriétaires cultivateurs au bourg de la commune de Brout-Vernet.
En effet Gilbert Bourdier achète l
e 14/03/1896 devant Maître Felidas à Joseph Eugène Grangier une parcelle de terre aux Contamines pour une étendue de 13 ares 10 centiares sous le n°38 de la section 5, autrefois en vigne au prix de 600 francs payable au 11/11/1897. Leurs 2 fils Jules de 18 ans et Louis de 13 ans vivent avec eux au bourg de Brout..


fin de l'association entre Gilbert et son fils Pierre-Gervais

Pierre Court et Gilbert Court décident de dissoudre le 09/11/1902 devant Maire Pautrat, notaire à Brout Vernet, la société de culture établie entre eux aux termes du contrat de mariage de Pierre avec Madeleine. Chaque sociétaire déclare s'être réglé sur les objets mis en société et n'avoir plus aucune réclamation à se faire au sujet de la dite société.

Ils continuent à vivre ensemble à la Caudre mais c'est Pierre-Gervais qui dirige l'exploitation.

Donation-partage

Françoise Bardot meurt le 11/09/1903 à Saint Didier. Gilbert Court, veuf, décide de régler ses affaires avant son décès et prend beaucoup de précautions car il ne semble pas avoir beaucoup d'espoir concernant l'entente entre le frère et la soeur. Il veut éviter les contestations....

En effet en décembre 1903 devant Maître Pautrat Gilbert demeurant à la Codre veut régler les droits de ses 2 enfants, sur ses biens propres et sur la succession de sa femme décédée. A cette date Pierre est encore cultivateur demeurant à la Caudre et Marguerite à la Croix Rouge à Brout-Vernet.

Gilbert fait donation à titre de partage anticipé à ses 2 enfants de sa part dans la communauté et des droits d'usufruit sur les biens dépendant de la succession de sa femme décédée.

Les immeubles dépendant de la communauté ont été acquis de Gilbert Bonnefoy suivant le contrat reçu par Maître Felidas le 14/03/1880. Il s'agit de :

  • une petite propriété rurale située au Deffant, Saint Didier en Rollat, comprenant maison d' habitation, grange et écurie, cour, aisances, jardin et terre, le tout d'un seul tenant et d'une superficie de 63,12 ares, joignant au nord Bourdier, à l'est la route de Saint Didier, au sud Court fils à l'ouest les bois de l'Etat.

  • Une parcelle de terre séparée du surplus par la route de 36, 78 ares joignant au nord Bourdier au sud fils Court.

Les donataires auront immédiatement l'entière propriété de la part d'immeubles donnée

Le donateur impose expressément aux donataires de ne pas attaquer le partage pour quelque motif que ce soit par l'un des donataires. Il déclare priver de toute part dans la quotité disponible celui qui se refuserait à son exécution. Et pour ce cas seulement il fait donation par préciput et hors part de la quotité disponible à celui des donataires contre lequel l'action sera intentée ce qui est accepté par les donataires.

Les donataires feront ultérieurement entre eux et sans le concours du donateur la division de la licitation des biens donnés. Or on peut remarquer que les biens de la succession intéressent aussi bien l'un que l'autre puisqu'ils sont mitoyens à des pièces de terre appartenant aux Bourdier ou aux Court, d'où des difficultés à attendre...

Lors du recensement à Saint Didier en 1906 Gilbert Court est absent de la commune : sans doute est-il décédé entre 1903 et 1906 ...

Après le décès de Gilbert Cour, comment s'est déroulé le partage entre le frère et la sœur ?…. En tout cas leur existence continue sans rupture.

En 1906 Gilbert Bourdier et Marguerite Cour vivent toujours avec leur fils Gilbert, qui entretemps s'est marié avec Marie Louise  Malevieille , et ils ont une fille Marie, née en 1905 à Brout-Vernet.

Pierre Gervais et sa femme en 1906 sont encore métayers à la Caudre/Codre de Saint-Didier. Ils ont deux filles nées dans la commune. En 1911 Pierre,  sa femme et leurs filles sont cultivateurs au Russon. Ce n'est qu'à partir de 1921 qu'ils demeurent au Deffant avec leur fille Marie. Ce serait donc Pierre Gervais qui aurait eu en partage la maison des parents....