Jean Borduron


Jean Borduron naît le 02/03/1855 à Chareil Cintrat, fils naturel de Madeleine Borduron, « âgée de 20 ans » (en fait 24 ans car née en 1831). C'est son grand-père Jean Borduron laboureur qui déclare la naissance qui a eu lieu dans son domicile. Et son oncle Jean devient son parrain.

son enfance

Lors du recensement de 1856 l'enfant demeure comme « enfant naturel » chez son grand-père et Madeleine Seramy, sa grand-mère, mais sans sa mère. La famille Borduron est une famille nombreuse, « Agathe » (en fait déclarée sous le prénom de Louise) la fille aînée âgée de 24 ans, (née en 1829, donc âgée de 27 ans) , Antoine le fils aîné de 18 ans (né en 1837) et Jean le cadet de 14 ans (né en 1843) demeurent auprès de leurs parents. Ils emploient un domestique, âgé de 19 ans. Mais Madeleine n'est pas là pour s'occuper de son enfant. A-t-elle été éloignée à cause de sa faute? Au moment de la naissance elle n'était pas indiquée comme domestique mais « sans profession » et demeurant dans la commune.

A partir du 2 avril 1860 Magdeleine Borduron « âgée de 28 ans » demeure à Bayet/Marais de Martilly, chez Jean Baptiste Gonnard. Elle y accouche le 21/05/1860 d'un enfant « naturel » appelé Jean Baptiste Borduron, mais elle ne s'occupe pas plus de son deuxième enfant « naturel », que du premier, puisque lors du recensement suivant en 1861 la famille est au complet: auprès des parents demeurent Antoine 22 ans, Jean 18 ans, « Agathe » 26 ans (en fait 32 ans) , Magdeleine 24 ans (en fait 30 ans) et Jean comme « petit-fils » âgé de 6 ans- mais pas Jean Baptiste- (caché?????. )

Madeleine Bourduron ne reste pas longtemps auprès de ses parents et de Jean car elle se marie le 18/02/1863 à Billy où elle est « salariée à la Ruelle », ses parents consentent au mariage et viennent de Chareil-Cintrat à Billy pour y assister.

Le mari, Jean Arthus, né à Billy le 26/12/1841, est beaucoup plus jeune que Madeleine. Il est déclaré cultivateur à la Ruelle… Jean et Madeleine n'ont pas fait de contrat de mariage. Aucune mention n'est faite des deux enfants de Madeleine, qu'elle n'a d'ailleurs pas reconnus, même si son nom à elle figure sur leurs actes de naissance…Et Michel Artus naît le 20/02/1863 à Billy/la Ruelle, soit 2 jours après le mariage...

Louise, nommée Agathe, la sœur de Madeleine s'est mariée avec Jacques Quinard vers 1862, elle aussi a 10 ans de plus que son mari. On retrouve en 1866 les 2 sœurs à Billy/La Ruelle, voisines, près aussi des parents Artus. Jean Arthus est ouvrier aux fours à chaux, Madeleine est nommée « Adèle », et ils ont Michel, âgé de 3 ans, auprès d'eux. Jacques Quinard, également ouvrier aux fours à chaux, et Louise ont 2 enfants, Marie née à Chareil en 1864 et André né le 11/02/1865 à Billy/la Ruelle.

Les 2 premiers enfants de Madeleine Jean « naturel », âgé de 11 ans et Jean Baptiste âgé de 6 ans sont restés auprès des grands parents à Chareil-Cintrat- seraient-ils « passés sous silence » ????? Pour compenser l'absence des filles mariées une domestique de 18 ans a été embauchée en plus du domestique.

Des changements importants modifient la vie de la famille, qui quitte Chareil- Cintrat pour Saint Gerand de Vaux/les Quillerots: Jean Borduron et Madeleine Seramy s'associent en effet avec plusieurs enfants adultes :

  • Antoine qui s'est marié avec Marie Ombrun, et ont 2 enfants Jean né à Jenzat vers 1863 et Antoine né à Taxat Senat en 1868

  • Jean encore célibataire (né en 1843)

  • Louise mariée à Jacques Quinard avec Marie et André suivis de Jean qui naît à Saint Gerand de Vaux en 1871.

Les 2 petits fils « naturels » Jean âgé de 17 ans et Jean Baptiste de 12 ans font partie des domestiques, lors du recensement de 1872. Magdeleine et Jean Artus sont restés à Billy avec Michel, Jean travaille alors comme voiturier.

Mais la famille subit plusieurs décès, et en particulier les grands-parents Madeleine Seramy en 1872 et Jean Bourduron le père, le 12/9/1875 qui modifient l'organisation familiale.

Jean Borduron, le fils célibataire, parrain et oncle de Jean, se marie à Claudine Biastre...

le service militaire

De la classe 1875 Jean passe le conseil de révision en 1876 :??????

Lors du recensement de 1876 les deux enfants « naturels » sont placés comme domestiques pour la première fois en dehors de la famille, mais dans la même commune, à Saint Gerand de Vaux :Jean, âgé de 21 ans chez la famille Auroy, métayers au Gaisier et Jean-Baptiste, âgé de 16 ans chez la famille Popelut, fermiers aux Petites Salonnes. Les 2 oncles, Antoine et Jean sont associés aux Quillerots et ils emploient comme domestique leur sœur Louise, veuve de Jacques Quinard, qui demeure avec eux avec ses 2 enfants.

En 1881 Jean, âgé de 26 ans, est domestique au bourg de Saint Gerand de Vaux chez François Delarce qui emploie 3 autres domestiques. Le parrain de Jean avec sa femme et son fils est cultivateur au Marais dans la même commune.

En 1883, le 30 décembre, Madeleine Borduron et Jean Artus reconnaissent et légitiment Jean Baptiste par un acte à Bayet (l'acte n'a pas été retrouvé). Ils ont donc attendu 23 ans pour reconnaître leur fils….

Jean, lui, n'est reconnu ni par sa mère, ni par un père. Jean Arthus semble en tout cas trop jeune pour être son père....

son mariage

Mais ce qui est curieux c'est que quand Jean, à 28 ans, journalier aux Vaux de Crechy se marie avec Marguerite Gueret le 24/11/1883 à Crechy, sa mère, sans profession spéciale, est indiquée comme demeurant également aux Vaux, et il n'est pas question de son mari. Son nom a du être déformé car Jean Artus, charretier au Vaux de Crechy demeure avec « Adèle Raduron » en 1881, d'après le registre de recensement...

Les témoins au mariage sont

  • Jean Borduron 41 ans, cultivateur à Saint Loup/Le Berjoux parrain de l 'époux

  • Gilbert Artus 71 ans cultivateur à Billy, ami de l'époux- le père de Jean Artus…..

  • Claude Barnabe 53 ans cultivateur à Saint Félix oncle de l'épouse

  • Antoine Deverne 47 ans cultivateur à Rongères, ami de l'épouse.

Le contrat de mariage a été établi chez Maître Grand le 18/11/1883. Malheureusement les minutes des actes de 1883 n'ont pas été déposés aux Archives départementales. Il est cependant possible de reconstituer certaines dispositions contenues dans le contrat.

Une société de culture a été établie comprenant les « chards », charrettes, instruments aratoires, bénéfices des bestiaux et des récoltes, divisée pour deux tiers pour François Gueret et ses autres enfants et un tiers pour Jean Borduron.

association avec la belle-famille

  • cultivateurs à Sanssat

Le couple vit donc auprès du père de Marguerite, de sa belle-mère et de son frère, qui demeurent au domaine du Bois, à Sanssat.

  • cultivateurs à Saint Felix

Le 13/01/1884 François Gueret et Jean Borduron son gendre acceptent devant Maître Grand un bail à moitié fruits de Claude Regnier, propriétaire fermier à Billy pour une année à partir du 11/11/1884 au domaine de la Brosse à Saint Felix, composé de bâtiments d'habitations et d'exploitations et une étendue de terres et vignes.Le bail précise les tâches qui devront être exécutes par le métayers. Ils auront constamment pour la culture 4 hommes forts et robustes

Ils devront fournir sans indemnité toutes voitures nécessaires, pour réparation, construction ainsi que pour les charrois dont le bailleur aura besoin pour son utilité personnelle. Il leur est défendu d'en faire pour autrui sous peine de 10 francs d'amende.Le bailleur se réserve le droit de faire cultiver le domaine comme il l'entend sans que les preneurs puissent s'y refuser.

Ils devront délivrer au bailleur à son domicile 5kg de beurre 100 œufs, 10 (???) de pommes de terre, la moitié des volailles de toutes espèces élevées sur le domaine. En outre pour loyer les preneurs s'obligent à payer 505 francs le 11/11/1884

La société s'installe à la Brosse de Saint-Félix, ou naît Jeanne le 03/04/1885,  leur premier enfant.

En 1886 lors du recensement ils vivent donc à 6 et ils emploient une domestique, Marie Lachaud, âgée de 17 ans. François, Jean et Claude, le frère sourd-muet de Marguerite: ce sont 3 hommes et non pas les 4 demandés par Claude Regnier. Emploient-ils un journalier pour faire le quatrième homme ???

fin de l'association familiale

fermier à Billy-Almandière

Le 21/04/1886 devant Maître Grand, Jean Borduron et Marguerite Gueret (il est rare que le nom de l'épouse figure sur les baux...) acceptent un bail à ferme de Simon Duverger pour 3 ans, à partir du 11/11/1886. Il s'agit d'une propriété sise à Almandiere à Billy, composée de bâtiments d'habitation et d'exploitation, et attenant une étendue de 4,50 ha de terre.

Le bailleur se réserve la grange située entre l'écurie et la maison et un morceau de jardin le long du chemin. Il se garde aussi la faculté de bâtir une petite écurie à la suite de la partie de jardin réservée.

Il donne ensuite des précisions sur les cultures; la maison qui doit servir de logement aux preneurs devra être terminée le 11/11/1886. Le fermage annuel est de 500 francs à payer en 2 termes, en mai et en novembre.

Le 11/11/1886, c'est à dire le jour du début du bail de Jean et Marguerite à Almandière, François Gueret et Jean Borduron mettent fin à la société de culture.Chacun a retiré les objets lui revenant, sauf la récolte en blé sur terre, dont 2/3 seront retirés par François et 1/3 par Jean.

Jean et Marguerite habitent donc une maison neuve, terminée pour le début du bail. François Gueret et sa deuxième femme, vont habiter à Saint Germain de Fossés.

Le 28/11/1886 François et son gendre régularisent la situation de la fin de la société devant maître Grand. François Gueret reçoit de Jean Borduron les 350 francs desquels ce dernier était tenu. Ils se déclarent réciproquement quittes au sujet de la société de culture.

Les comptes de tutelle

Le même jour, devant le notaire François Gueret a présenté à Marguerite, représentée par Jean son mari, et Claude. les comptes de tutelle il a attendu pour le faire la majorité de Claude, le cadet. François Gueret ne doit que 300 francs à chacun de ses enfants. Il doit à Marguerite 100 francs seulement, puisqu'elle a déjà reçu 200 francs.

Jean fermier

La terre affermée par Jean ne lui suffit pas, il prend donc un autre bail à ferme, pour 3 ans toujours devant Maître Grand, de Claude Vaisson, propriétaire à Billy, le 01/12/1886. Il s'agit de deux parcelles de terre au Jablan contenant ensemble 53 ares.

En cas de décès du preneur ou du bailleur le bail sera résilié de plein droit à partir du 11/11 suivant le décès. Le bailleur se réserve la moitié des cerises qui se trouveront sur les terres affermées. Le fermage annuel est de 125 francs, à payer au domicile du bailleur en 2 termes en novembre et en mai. En cas de non-paiement un mois au plus tard après l'échéance le bailleur pourra faire résilier le bail le 11/11 suivant.

Seul Jean n'a pas pu signer.

En 1891 Marguerite et Jean, cultivateurs à Almandière de Billy, n'ont encore que leur fille unique, Jeanne alors âgée de 6 ans. Claude, le frère de Marguerite est cultivateur chez eux.

Jeanne Deverne, la belle-mère de Marguerite décède en 1892, François Gueret la suit de peu: il décède un an après le 30/04/1893. Bien que domicilié à Saint Germain des Fossés, il meurt à Billy, à Almandière, car au domicile de Jean et de Marguerite. C'est Jean qui déclare le décès.

En 1896 Jean et Marguerite sont encore fermiers à Almandière de Billy. Leur fille, Jeanne, est âgée de 11 ans. Le frère de Marguerite, Claude, travaille comme ouvrier agricole chez eux.

Cultivateurs à Saint-Germain des Fossés/les Rabrunins

En 1901 ils sont cultivateurs à Saint Germain des Fossés, les Rabrunins. Jeanne, 16 ans demeure auprès de ses parents et de son oncle.

mariage de la fille et changement professionnel

Elle se marie en 1903 à 18 ans avec Auguste Dufour, âgé de 26 ans et journalier au chemin de fer à Saint Germain des Fossés.

Et à ce moment là a lieu un changement notable dans la famille...Auguste Dufour devient charretier; un enfant, Marguerite, nait en 1904, les parents de Jeanne vivent avec le couple rue de Cusset- mais Claude est absent.

En 1911 ils demeurent Croix de Rameaux un deuxième enfant est né en 1907 Louis, Jean Borduron travaille comme journalier- peut-être au service de son gendre. Claude n'est plus auprès d'eux....

son décès

Jean Borduron décède le ???? à ????





Jean Borduron, né « enfant naturel » n'a pas été reconnu par ses parents, sa mère ne s'est pas occupée de lui mais il a vécu toute son enfance auprès de ses grands parents maternels et de ses oncles. Il a ensuite été placé comme domestique sans être éloigné de sa famille, et à son mariage c'est son oncle et parrain qui lui sert de témoin. Une fois marié il travaille comme cultivateur, d'abord comme métayer puis comme fermier. Sa condition d'enfant naturel ne lui a pas nui sur le plan professionnel, et à l'âge adulte il a mené une existence matérielle et familiale  habituelle de cultivateur....