Les voyages et divertissements

les déplacements - les lieux de rencontre - les jeux et fêtes foraines - danse et musique - les fêtes locales, nationales, religieuses - consommation de café et tabac

Les déplacements

Les déplacements habituels sont professionnels: marché pour les femmes, foires pour les hommes, transport de marchandises....Les distances a parcourir sont assez modérées.
Les démarches administratives certes non journalières, peuvent à certains moments de l'existence nécessiter des déplacements...
Les fêtes, familiales comme les mariages qui réunissent  les membres des familles dispersés occasionnent également des déplacements.

Le cadre des déplacements reste le département, siège du Préfet, de l'arrondissement, du canton, siège du juge de paix, et du bourg, siège du maire, du notaire etc...

Les voyages plus lointains sont rares ou inexistants pour les cultivateurs pauvres
. Le seul déplacement important effectué par un cultivateur pauvre, trouvé dans les documents d'archives,  est le voyage à Lyon de Joseph Bourgeon, journalier à Paray sous Briailles en 1856. Le motif du voyage est inconnu. Joseph Bourgeon décède à l'hôpital de Lyon le 03/04/1856. Lors du recensement de Paray de 1856 il est indiqué "en voyage"..

Les domestiques  qui suivent leurs maîtres peuvent être amenés à voyager.


Les garçons accomplissant leur service militaire quittent leur région, et  reviennent  en permission ; Ils doivent être munis de pièces justificatives sinon ils sont considérés comme vagabonds ou déserteurs...

Les déplacements hors du canton doivent être déclarés, les voyageurs  doivent être munis d'un passeport pour l'intérieur, depuis les  décrets de l'an IV.
passeport interieur

passeport pour un an pour un chapelier de Bellenaves en 1851

Cette législation tombe ensuite en désuétude après 1860, car grâce au développement du chemin de fer les déplacements deviennent trop nombreux.

Les voyageurs qui quittent la France nécessitent un passeport pour l'étranger.

Les moyens de transport


Ils se font en attelage, à cheval, à boeufs ou vaches, à ânes....

attelage a Vichy en 1902

attelage boeufs


Pour les voyages plus lointains  le moyen de locomotion collectif traditionnel est la malle de poste ou le train sans la deuxième moitié du siècle....

malle de poste en 1828 à Cusset

malle de poste en 1828 à Cusset

En 1846 le recensement de Lapalisse indique un maître de poste, Etienne Faure âgé de 47 ans, avec 9 postillons. Les postillons conduisaient les voitures, assis sur le cheval le plus près de la voiture.
Varennes sur Allier à la même date dispose également d'un maire de poste, Antoine Rayet, âgé de 49 ans, et de 9 postillons.
Quelques voituriers (5 à Varennes) assuraient de plus le transport  de marchandises ou de personnes en chariot, charrette, carriole, voire en diligence. Ils pouvaient être propriétaires de leur véhicule...

Les  diligences disparaissent progressivement  sur les grands axes, au fur et à mesure de l'extension  du chemin de fer.
chemin  fer Beuzon

Jean Louis Beuzon: "Les premiers chemins de fer" vers 1838  Musées et domaine nationaux Compiègne


Elles se maintiennent plus longtemps sur les lignes secondaires.


les voies de communication

l
es routes et chemins
Pour juger de l'importance de leur entretien ou de la réparation, ils sont classés suivant leur
  • caractère d'urgence
  • utilité reconnue
  • exécution peut être ajournée sans préjudice sérieux pour la commune.
Les chemins de vicinalité doivent être entretenus par les communes. Ils sont souvent étroits et malgré les efforts souvent en mauvais état, avec des trous.
Les municipalités qui disposent de peu de ressources sont à la recherche de cailloux pour entretenir les chemins. Elles peuvent soit traiter directement avec les propriétaires pour ouvrir une carrière soit le contraindre par arrêté. Elles font aussi ramasser des cailloux  dans certains champs ou à la rivière...
Elles peuvent être amenées à acquérir des terrains pour confectionner une route ou au contraire vendre un ancien chemin jugé inutile.

les voies d'eau
Le département est parcouru par plusieurs rivières. Les ponts sont très rares, et ne résistent pas toujours aux crues...La traversée se fait en général par bacs, bateaux de passage ou batelets.
bac Chatel de Neuvre

bac à Chalet de Neuvre

Selon la saison et l'état de la rivière, il est possible de passer à gué, à pied, à cheval ou en carriole, mais ce procédé comporte des risques...



gue Allier Moulins


 Que ce soit un pont, un bac ou tout type de bateau, ils appartiennent à l'Etat et les usagers doivent s'acquitter d'un droit de passage.
La loi du 6 frimaire an 7 fixe les règles de paiement. L'état confie à un fermier, par adjudication et par un bail de 6 ans la perception du paiement. Avec ses préposés et ses mariniers Il doit aussi entretenir en bon état les bacs bateaux et  fournir les outils nécessaires.Les droits à percevoir sont fixés par le gouvernement Tout est prévu dans le cahier des charges, les obligations du fermier, le nombre de passagers sur chaque type de bateaux , les conditions de passage etc...

Les propriétaires qui possèdent des terres au bord d'une rivière, parfois sur les 2 rives, sont autorisés à utiliser leur batelet, mais pour éviter des abus et de la négligence le préfet de l'Allier, en 1822, par un décret, les enjoint à le fixer lorsqu'ils ne l'utilisent pas.

L'arrêté du 24 septembre 1824 veut que sur l'une et l'autre rive il y ait un poteau sur lequel sera appliqué  le tarif fixé, ceci pour éviter des augmentations exigées par le fermier. En cas de montée des eaux ce sont les employés des ponts et chaussées qui établissent le tarif spécial.

Si on prend l'exemple de l'Allier, les lieux de passage sont rares: Moulins, Varennes (à Chazeuil), Billy, Charmeil (à Boutiron)
Le passage établi à Billy,
très ancien, permet les relations entre Billy, Saint-Felix, Sanssat, Crechy de la rive gauche à Marcenat, Paray sous Briailles, Saint-Remy et Saint-Didier en Rollat sur la rive gauche. Les échanges commerciaux entre ces communes sont fréquents.
L'Allier est une rivière capricieuse qui cause facilement des dégats sur ses rives. Ainsi en 1861, à cause du mauvais état des abords du bac, la circulation a été interrompue.

En 1875 de nouveau à la suite des crues survenues sur l'Allier le bac de Billy a dû être déplacé; or le chemin qui aboutit  au nouvel emplacement  du bac est défoncé par les entrepreneurs du perré du Grand Breuil et donc rendu impraticable. Les ingénieurs des Ponts et chaussées ont reconnu que les dégradations provenaient du fait de l'entrepreneur et celui ci  a promis de les réparer à bref délai.

En 1852 un pont suspendu, à double voie, et placé en amont de la jonction du ruisseau de Beyron avec l'Allier, est prévu à Boutiron pour remplacer le bac.

Après la construction du pont de Boutiron, la commune de Billy doit attendre le sien longtemps, bien que en
1869  le préfet et l'agent voyeur avaient noté que Billy présentait la position la plus convenable pour l'édification d'un nouveau pont sur l'Allier.

Après 1870 plusieurs ponts sont construits et facilitent fortement les déplacements dans le département....
pont Billy

les voies ferrées
La première ligne ferrée en France est ouverte en 1827, elle relie Saint-Etienne à Andrézieux. Puis s'ouvrent des tronçons épars dans le pays. Ce nouveau moyen de transport intéresse pour le déplacement des voyageurs et des marchandises.
la construction des voies de chemin de fer est concédée à des sociétés ou des promoteurs, mais le centre de la France et le département de l'Allier en particulier, reste à l'écart.
Victor Legrand, directeur général des Ponts et Chaussées propose en 1842 au gouvernement un plan d'ensemble en étoile à 5 branches au départ de Paris:
  • Paris-Lille
  • Paris Strasbourg
  • Paris le Havre
  • Paris-Lyon-Marseille
  • Paris Bordeaux Hendaye.
Dès lors  des compagnies se développent  et les grandes lignes se construisent, avec un financement privé, rapidement à partir de 1851 sous l'impulsion de Napoléon III.
Pour le Bourbonnais  la ligne Paris Clermont-Ferrand est décidé. En 1853 son tracé est fixé: Moulins, Bessay, Varennes, Crechy, Billy, Creuzier, Saint-Germain des Fossés.

carte chaix 1854 1855 agrandissement

carte Chaix 1854-1855 (agrandissement)


Des terrains sont expropriés  pour la construction des chemins de fer, et les propriétaires  sont indemnisés.

Les travaux  importants dégradent les routes et les chemins  à cause du transport des matériaux, ce qui entraine des indemnisations.

En décembre 1852 la commune de Saint-Remy en Rollat accepte la somme de 476 francs offerte pour indemnité des 14 ares de terrain nécessaires à la confection du chemin de fer du Centre et expropriée. Comme la parcelle fait partie d'un héritage dont jouit le fermier Vergniaud, le conseil décide de réserver l'indemnité au fermier..

En 1853 les entrepreneurs des travaux de construction du chemin de fer ont obtenu du préfet l'autorisation  d'utiliser à Espinasse:
  • une partie d'un chemin d'exploitation dans la parcelle n°17  pour le transport du matériel nécessaire à l'exécution de la grande tranchée de Lachaise
  • un chemin  dit avenue de Lachaise pour  la construction de l'atelier du chemin de fer dit d'Espinasse
tous deux appartenant à monsieur Huteau d'Origny propriétaire à Espinasse-Vozelle.
Or celui ci n'ayant pu s'entendre avec les entrepreneurs pour régler amiablement l'indemnité due pour ces passages demande au juge de paix du canton d'Escurolles de procéder au règlement.

Les travaux ont lieu rapidement. Les ouvriers spécialisés viennent parfois de loin mais les ouvriers de la région trouvent également du travail.
En parcourant les registres d'état civil on rencontre ainsi par exemple à Crechy en 1853 Michel Giraud 42 ans et Jean Martin 41 ans, entrepreneurs de travaux publics domiciliés à Crechy, témoins au mariage de Louis Lovigny 34 ans ouvrier terrassier domicilié à Crechy, né à Lurcy Levy.

En 1855 la ligne, du moins partiellement,  est déjà en activité:
Antoine Saulnier 29 ans est piqueur de la compagnie du chemin e fer d'Orléans à Billy
Jean Claude Lassimone  39 ans est garde-barrière à Darmerine (???), à Crechy
passage niveau 3

Maison de garde-barriere à Couleuvre


En 1856 à Varennes Michel Thevenin 29 ans, Gilbert Berger 36 ans, Clément Trumeau 29 ans sont "hommes d'équipe" employés à la gare de Varennes.
En 1857 Charles Eugène Igonet 29 ans est chef de station à Varennes, Athanase Edmond Bigot 23 ans  venant d'Abbeville (Seine et Oise) est chauffeur employé de chemin de fer à Varennes
ville Varennes gare

gare de Varennes

 La ligne Paris Clermont-Ferrand est ouverte en 1858, elle subira quelques modifications par la suite...

Une autre ligne doit relier Saint-Germain des Fossés à Gannat passe entre Monteignet, Escurolles, Charmes, Biozat Cognat, Banelle, Espinasse-Vozelle Vendat Charmeil et Saint-Remy en Rollat.


carte chemin fer Gannat St germain

carte (actuelle) de la ligne de chemin de fer Gannat-St Germain des Fossés

Une autre ligne par Magnet et Lapalisse conduit de St Germain des Fossés au-delà du département (jusqu'à Roanne?)
gare Magnet

gare de Magnet

Saint Germain des Fossés devient un noeud ferroviaire très important  et emploie beaucoup de personnes à des tâches diverses:  garde de nuit, employés de gare, hommes d'équipe, nettoyeurs au dépôt, poseurs de voie, garde-barrière.
poseurs de voie

poseurs de voie

En 1863 le chef de la station de Saint-Germain des Fossés est Pierre Desiré François Normand 53 ans.

gare St Germain des Fosses

gare de St Germain des Fossés

La ligne Gannat-Montluçon passe par St Bonnet de Rochefort, Bellenaves, Commentry.

gare Bellenaves

gare de Bellenaves

Le trafic  est varié: transport de voyageurs,  de courrier (par exemple Etienne Halin est facteur à la gare de Varennes en 1857).
de marchandises, de bestiaux.

ville La Pallisse embarquement bestiaux gare foire

gare de La palisse: embarquement de bestiaux pour la foire

 Les trains, ou les wagons sont adaptés aux différents types de transport,
trains de voyageurs, de marchandises ou mixtes.

train mixte 1

train mixte 2

trains mixtes


P
our les voyageurs selon le prix  plusieurs classes de voitures apportent  plus ou moins de confort...
wagons voyageurs 1855

A partir de 1878 le gouvernement encourage la construction de nombreuses lignes à caractère régional:  par exemple en 1884 il est projeté un chemin de fer d'intérêt local à voie étroite de Varennes à Saint-Pourçain.

gare St Pourcain

gare de St Pourçain

Ce transport permet  de régler toutes sortes de  questions, même le paiement des fermages!!!!

Ainsi Jerome Rimoz de la Rochette qui  demeure à Lyon quand il ne séjourne pas au château Gaillard de Billy,  demande à ses fermiers  de Fougerat  en 1886 que les fermages lui soient adressés par le chemin de fer, et les récépissés donnés par celui-ci serviront  de quittance.

Cependant de nombreuses communes restent à l'écart des lignes de chemin de fer, comme Montoldre, Rongères, Paray sous Briailles etc....


Les lieux de rencontre


Bars-cafés

cafe Saint Germain des F

La fréquentation des débits de boisson est réglementée, et en particulier l'horaire, suivant les saisons et les jours. Uns distinction est faite entre les communes de peu d'importance et les chefs lieux de canton, qui eux peuvent ouvrir les lieux de boisson plus longtemps. Les voyageurs ont la possibilité de consommer.
Les jeunes de moins de  18 ans ne peuvent consommer seuls.
Les femmes ne consomment pas seules....
L'ivresse sur la voie publique est sanctionnée.

Au café les hommes peuvent jouer aux cartes, se retrouvent entre hommes et peuvent régler des affaires, des ventes, mais aussi se quereller et consommer de l'alcool de manière excessive...

Les jeunes hommes s'y rendent volontiers le soir et le dimanche, ce qui facilite des rencontres entre les différentes professions. Des groupes se forment  et l'envie de distractions poussent souvent certains à défier un autre, qui à son tour est soutenu par son clan, ce qui aboutit à des bagarres, l'alcool aidant, parfois à des vengeances,  jusqu'au tribunal pour coups et blessures...

Une distraction très appréciée mais interdite c'est l'organisation d'un charivari:  un groupe organise un tapage injurieux dirigé contre une personne  déterminée dont ils veulent se moquer. Les participants font une quête à l'auberge et rassemblent des instruments permettant de faire un grand tapage (tambour, arrosoir, âne) lors du  passage du cortège dans les rues de la commune. Le charivari se termine à l'auberge où les libations sont payées grâce à l'argent récolté pendant la quête.

Ainsi à Rongères le 16/07/1871 9 hommes âgés de de 20 à 36 ans dont un cultivateur, un charron, un tisserand, 2 aubergistes etc...de la commune, et un scieur de long de Crechy ont fait un charivari, suivi d'un procès-verbal, ils sont condamnés à une amende lors du jugement à Varennes le 3 octobre suivant...


La ville

Les hommes se rencontrent à la ville, les jours de foires par exemple:


foire aux  bestiaux a Cusset

Les travaux

Les grands travaux agricoles comme les moissons, les vendanges, le fanage sont l'occasion également de rencontres.

travail moisson en groupe

la moisson

travail fenaison

la fenaison

Les bouviers sont appelés à se retrouver avec leurs troupeaux. Ils peuvent profiter de la rencontre pour s'amuser, se provoquer, faire des paris, et la situation peut dégénérer....

C'est ainsi que le 24/08/1830 plusieurs bouviers se trouvent ensemble devant à l'entrée de la forêt du bois du Roi dépendant de Gayette (Montoldre) pour faire reposer leurs boeufs. Ils échangent des propos et Jean Jagnet laboureur à Croquerave (Montoldre) reproche à Louis Panay laboureur au domaine de Jaligny d'avoir dit qu'il avait trouvé ses 2 vaches dans un retrouble de Jaligny, le provoque par des propos impertinents et sort de sa poche des pièces d'argent :

Je parie que ce n'est pas vrai que mes vaches ont été dans le retrouble

Louis Panay lui donne alors un coup sous la main et les pièces tombent, sans qu'on sache combien, dans la bruyère. Jean Jagnet affirme sans pouvoir le prouver qu'il avait 24 francs dans la main, alors qu'on a retrouve seulement 11,50 francs.

Jean Jagnet porte plainte sans succès contre son collègue, car il y a eu provocation de sa part et il ne peut prouver le montant de la somme perdue....

les champs

Les travaux des champs sont parfois solitaires mais sur le chemin ou d'un champ à l'autre  des contacts peuvent se créer. Les bergères elles aussi se déplacent . Si elles ont peur des mauvaises rencontres ou si elles ne veulent pas s'ennuyer elles conduisent ensemble, à plusieurs, leurs troupeaux...

Le lavoir

lavandieres a Neris

Les femmes se retrouvent au lavoir, ou au bord de la rivière qui en tient lieu, emplacement strictement féminin, où elles peuvent aborder les questions qui les occupent....

la veillée

veillee

Actuellement aucun document sérieux n'a été trouvé sur le sujet, seulement une carte postale où les figurants posent d'une manière peu naturelle...

 les visites

Un déplacement professionnel peut permettre de rendre visite à un ami ou un membre de la famille, l'invité  restant  pour la nuit...

Ecole ou catéchisme

groupe de communiants Vendat

Les enfants, s'ils sont scolarisés, parcourent le chemin, souvent long, jusqu'à l'école en compagnie des enfants du voisinage. Et de toute façon tous faisant leur communion se retrouvent aux cours de catéchisme.

Lors qu'ils gardent du bétail, ils se rencontrent sur les chemins et parfois se regroupent....


Les jeux et fêtes foraines


La commune de Saint Pourçain, par exemple, dispose du Jeu de Tivoli tenu par monsieur Fayollet en 1855.

On peut y jouer à la boule aux creux, à l'argent etc.... mais selon l'arrêté préfectoral du 28/10/1853 les jeunes de moins de 18 ans n'y ont pas accès.

Nizerolles dispose d'un jeu de quilles dans la rue:


jeu de boujles Nizerolles

Mais qui vient y jouer? sans doute les clients du café à proximité...
Quant aux joueurs de Petits chevaux à Vichy, il s'agit d'une distraction de citadins ou de curistes mais pas de cultivateurs métayers ou fermiers...


jeu petits chevaux Vichy


Lors d'occasions particulières  une tombola peut être organisée: c'est le cas lors de l'exposition d'horticulture à Vichy en 1857. C'est le Préfet qui communique aux maires, par courrier, les numéros gagnants.

L'empereur appréciant Vichy , ses visites sont l"occasion de festivités qu'il faut organiser et financer, l'exposition d'horticulture étant une très bonne idée...Les conseils municipaux sont "invités" à voter des subventions pour ce genre  d'événements...

Divers spectacles sont proposés à la population surtout les jours de foire et de marché comme théâtres mécaniques, cabines de figures, parades et chants etc...Ce sont des saltimbanques ou bateleurs qui passent de commune en commune.

montreur ours Gannat

montreur d'ours à Gannat


En 1829 le préfet rappelle au sous préfet que les maires doivent donner leur approbation après avoir vérifié que les spectacles proposés n'offrent rien de contraire au respect dû à la religion, aux bonnes moeurs, à la majesté royale, aux convenances ou qui puissent rappeler les souvenirs de Bonaparte et donner une fausse direction à l'opinion ce qui pourrait se trouver dangereux pour l'ordre.

saltimbanques Bourbon Archambaud

saltimbanques à Bourbon l'Archambaud

Des colporteurs vendent toutes sortes d'objets, y compris des livres- pour ceux qui savent lire, mais aussi des gravures...
marchand ambulant St Gerand de Vaux


Là aussi les autorités locales doivent être vigilantes pour empêcher la vente ou l'exposition  de dessins ou gravures présentant quelque caractère d'immoralité, d'irréligion ou d'outrage contre le Roi et son gouvernement  (loi du 25 mars 1822). Le maire de Bellenaves reçoit  en mai 1822  du sous-préfet de Gannat la copie d'une circulaire du ministre de l'intérieur qui prescrit  de faire rechercher avec soi  toutes les gravures interdites.


Danses-musique

bals: bourrée


boourree

la bourrée (Bourbonnais Christine Bonneton éditeurs page 199)


les musiciens

Ce sont des "sonneurs" ou "ménétriers" qui jouent de la cornemuse, ou de la vielle

Ils participent aux fêtes, aux mariages etc....

noces

Cependant très peu sont recensés comme "musiciens", "sonneurs" ou "ménétriers", sans doute exercent-ils une autre profession, la musique ne pouvant guère être une activité journalière....

                                                                                                                    musicien vieleux

joueur de cornemuse

Les seuls rencontrés sur les registres de recensement sont les 2 frères aveugles de naissance Pierre et Joseph Fayollet qui travaillent toute leur vie d'adultes comme "musicien" , "sonneur", "ménétrier" à Chantelle et gagnent suffisamment leur vie pour se marier, et pour Joseph pour avoir des enfants.

Pierre décède à 67 ans le 15/10/1896, "sans profession", il a donc cessé de jouer....

Joseph décède le 10/01/1899 à 65 ans, déclaré encore comme "sonneur"

Les fêtes locales, nationales, religieuses

Elles sont nombreuses.

Cavalcade Bellenaves 1812

Ce sont bien sûr les baptêmes, et les mariages, qui sont l'occasion de grandes réunions familiales,  de retrouvailles, mais évidemment également de dépenses importantes qui obligent à faire un emprunt...

  • fêtes locales

Les fêtes sont souvent liées à l'activité professionnelle, les foires, les fêtes qui marquent une étape dans le travail agricole, comme la fête du battage des grains.

Les concours agricoles attirent également les spectateurs avides de distraction.
Le concours agricole du 17 septembre 1905 à Saint-Pourçain sur Sioule a offert aux photographes un beau sujet pour plusieurs cartes postales, objets  nouvellement à la mode: une foule endimanchée et en liesse :

concours agricole 1905 a St Pourcain

Les fêtes agricoles sont l'occasion de remises de prix. Ainsi le préfet de l'Allier avertit le maire de Saint-Pont le 27/04/1842  qu'il a accordé une prime d'encouragement sous la forme d'un mandat de 12 francs à Jean Bonnefond dit Pimpard. Cette récompense  doit être remise  avec

une certaine solemnité (...) un jour de foire ou un dimanche

Quels sont les motifs de cette décision? Le gouvernement veut manifester de cette manière l'intérêt porté à l'agriculture... et Jean Bonnefond, cultivateur

a été désigné comme se faisant remarquer pour la tenue de son cheptel

Et qui est le bénéficiaire? Jean Bonnefond né à Jenzat an VII est métayer à Saint-Pont  à la Motte aux daims (ou motte Odin) avec son père déjà âgé et le couple formé par sa fille aînée, puis plus tard également avec le couple de son fils aîné. En 1851 ils ont quitté la commune de Saint-Pont....

Lors des comices agricoles les agriculteurs qui le souhaitent peuvent concourir, ils doivent se faire connaître pour que leurs exploitations soient visitées. Des primes sont  alors accordées. En 1868 la réunion du comice de l'arrondissement de Gannat a lieu à Escurolles et c'est donc dans ce canton qu'est attribuée la prime d'honneur.

L'empereur apprécie Vichy, ses visites sont l'occasion de festivités que le Préfet doit organiser et financer. L'exposition d'horticulture en est un bon exemple comme en 1857 ou en 1864... Et les conseils municipaux sont "invités" à voter des subventions pour ce genre  d'événements...

A partir du service militaire pour tous (sauf les réformés pour raisons de santé), les conscrits d'une même commune prennent l'habitude de fêter leur départ ensemble, avec bal et photo du groupe...

conscrits 1905

Conscrits de 1905

bal conscrits 1911

La fête du village qui célèbre le saint protecteur du lieu offre également un moment de détente....


fete a Jaligny

  • Fêtes spécifiquement religieuses

diverses processions

procession a Cerilly en 1902

diverses bénédictions, comme par exemple la bénédiction des troupeaux à Saint-Menoux

benediction troupeaux st Menoux

des pèlerinages

  • fêtes nationales

Elles varient suivant le régime politique et les événements politiques

Sous Charles X la Saint-Charles, fête religieuse, prend toute son ampleur. Le préfet d'Allier envoie ses directives aux maires qui doivent collaborer avec les curés,

afin d'entourer les cérémonies de la religion  de la pompe qu'elles réclament.  et (il) autorise avec empressement à prélever, sur les fonds libres  communaux, les sommes nécessaires pour que la classe indigente puisse aussi fêter la Saint Charles.

Sous la Monarchie de juillet le 1er mai, jour de la Saint-Philippe, donne lieu à des manifestations en l'honneur de Louis-Philippe, sauf en 1834 à cause des événements  d'avril  à Lyon. Le Roi ordonne que les sommes qui auraient été dépensées pour la fête le soient pour soulager les victimes malheureuses. (Les canuts de Lyon ont en effet lancé en février une grève générale,  réprimée violemment du 11 au 15 avril par l'armée d'où de nombreuses victimes)

Sous Napoléon III la fête de l'Empire, elle aussi liée à la religion, est fixée le 15 aout, date d'anniversaire de Napoléon I. En 1859 les maires reçoivent du préfet de l'Allier dans sa circulaire indique les mesures à prendre:

la partie religieuse: célébration d'un Te Deum solennel

la partie matérielle: des réjouissances doivent être organisées "avec tout l'éclat convenable" par les fonctionnaires  et les autorités militaires

Mais  l'Empereur ne trouverait pas sa fête  dignement célébrée, si les pauvres n'y avaient pas leur part, et c'est surtout en solennisant la journée  du 15 aout par des oeuvres de bienfaisance, qu(e le maire) répondra le mieux aux intentions de Sa Majesté

Les régiments de la guerre d'Italie qui viennent de rentrer doivent recevoir en traversant les communes un "accueil sympathique". Les maires sont invités à leur faire une réception triomphale.

En 1862 Le préfet demande aux maires de "donner le plus d'éclat possible à cette fête nationale et religieuse"  et de répondre "au coeur de sa Majesté en provoquant une abondante distribution de secours à ceux qui souffrent".

Par contre en 1870 l'ambiance est très différente à cause de la guerre. Le Te Deum prévu habituellement doit être remplacé

"par des prières pour l'Empereur et nos soldats."

Sous la troisième République la fête nationale est le 14 juillet. Pour fêter l'événement les maires reçoivent en juin 1881, de la sous-Préfecture, une liste d'articles à acheter :

  • un buste officiel de la République de 35 à 200 francs
  • drapeaux
  • oriflammes
  • verres de couleur etc...

mais pas de directives quant au déroulement de la fête elle-même....

Le conseil municipal d'Escurolles vote 150 francs pour frais  pour la fête nationale à prendre sur l'excédent sur l'exercice 1880. De plus une distribution de 5kg de pain à chaque indigent.


la consommation de café et de tabac

Le café et le tabac, produits de luxe  font partie des plaisirs de la vie.

Le tabac représente une dépense importante, mais régulière des amateurs.