Martial Deverne


Martial Deverne nait le 28/05/1853, premier enfant, de Gilbert et de Catherine Sarrasin mariés le 17/02/1852 à Billy.

Le cadre familial

Le couple vit et travaille auprès des parents de Catherine: ils sont tous ensemble communs et associés par égalité et moitié, moitié pour les père et mère qui seront les chefs, l'autre moité pour les futurs. Pour avoir droit à cette société qui comprendra bien entendu les acquisitions de meubles et immeubles le futur y a versé 200 francs comptant à la société.

Martial vit donc auprès de son grand-père maternel dont il porte le prénom, sa grand-mère et ses parents, les deux couples étant en association. Vivent également dans la famille du moins jusqu'au mariage les deux jeunes sœurs de Catherine, Gilberte et Marie.

3 autres enfants naissent après Martial, Marie en 1855, Gilberte en 1858 et Martial en 1860 ( Il sera nommé Francis pour éviter la confusion)

Ils habitent à Billy et les enfants fréquentent l'école. Martial, le grand-père ainsi que ses frères et avant eux leur père et leur grand-père signaient leur nom….

Le 09/11/1859 devant maître Morand, notaire à Billy, la propriétaire transforme le bail de ferme dont jouissait Gilbert avec son beau-père en bail écrit à son nom à compter du 11/11/1859, et pour 3 ans. Martial Sarrazin quitte en effet la société d'agriculture établie avec son gendre lors du mariage de Catherine, en 1852.

En 1861 Gilbert Deverne est fermier à Château Gaillard avec sa femme Catherine et les 4 enfants. Le 09/05/1861 Gilbert et Martial Sarrasin mettent officiellement fin à la société de culture établie en 1852. Gilbert verse à Martial les 40 francs qui lui reviennent.

Décès de sa mère et service militaire

La mère de Martial, Catherine, décède le30/03/1871 à Billy, à l'âge de 41 ans, lors d'une épidémie de grippe. Sous la présidence du Juge de Paix du canton de Varennes, le conseil de famille désigne le 16/05/1871 Gilbert Deverne comme tuteur de ses 3 enfants mineurs et Gilbert Sarrazin leur oncle maternel subrogé-tuteur.

Martial de la classe 1873 est convoqué à Varennes le samedi 2 mai 1874 à 9 heures 30 devant le conseil de révision pour sa classe d'âge. Il est jugé bon pour le service actif. Son instruction est notée 1-2 : il sait lire et écrire. Il est incorporé au 26ème d'artillerie sous le numéro matricule 1037.

Gilbert se remarie le 20/06/1874, avec Marie Poteret, repasseuse de 43 ans, demeurant à Toulon près Moulins, veuve de Jean Ray avec 2 enfants, âgés de 23 ans et 11 ans. Antoine, le benjamin, vient, avec sa mère chez Gilbert.

En 1875 Gilbert prend un bail de fermage aux Joncheries à Rongères, avec sa femme, ses deux enfants et le fils de sa femme.

Martial est absent, il ne prend donc pas part aux transformations familiales. Il accomplit son service militaire, fixé à 5 ans depuis la loi de 1872. Il doit donc revenir en 1879. Il n'assiste pas non plus au mariage de sa sœur qui épouse le 24/11/1877 à Rongères George Mesple, tisserand à Rongères.

En 1878 Gilbert est cultivateur au domaine Trouvat, à Rongères,

A son retour, Martial règle avec son père la succession de Catherine devant Maître Grand le 10/03/1879.

Association avec son père et sa belle-mère 1878

Au retour de Martial du service militaire son père lui propose devant Maître Grand le 08/08/1879 l'établissement d'une société de culture qui comprendra les chars, charrettes, instruments aratoires, bénéfices des bestiaux, récoltes, vaisseaux vinaires. Par effet rétroactif la société a pris cours le 11/11/1878 et durera autant qu'il conviendra aux deux parties et pourra se dissoudre à la volonté de l'une d'elles en choisissant pour la séparation le 11/11 et après signification régulière 3 mois avant ce dit jour. Cette société sera divisée par tiers : un tiers pour Martial, deux tiers pour Gilbert et son épouse, ou ses autres enfants. Si le fils et frère, autre Martial, âgé actuellement de 19 ans désirait entrer dans la société elle se réduirait alors par quart, moitié pour les père et mère, un quart pour chacun des 2 enfants.

Ne feront pas partie de la société les meubles et effets mobiliers personnels à chacun et les acquisitions immobilières. Aux dépens de la société seront logés et nourris les enfants nés et à naître des associés : cela inclut donc le fils de Marie Potret.…

Pour avoir droit à la société Martial fait compte à son père d'une somme de 420 francs une fois payée. Cette somme se compense avec pareil chiffre que donne Gilbert Deverne père à son fils à valoir et en compte sur les droits pouvant revenir à ce dernier dans la succession de Catherine sa défunte mère.

Martial fils a reçu de son père 85 francs au moyen de la présente société de culture et devra faire le rapport de cette somme lorsqu'il viendra demander compte de la succession de sa défunte mère.

Les comparants déclarent que le fonds social de la société est d'une valeur de 1260 francs.

Deverne père sera le chef de la société et devra présenter chaque année son compte à son associé. Les comptes antérieurs au 11/11 dernier, c'est à dire soit pour portion de gage ou fourniture d'argent par le père au fils pendant que ce dernier était militaire ont été réglés et compensés entre les parties.

Mais il s'agit pour Martial de cohabiter avec sa belle-mère qu'il ne connaît pas puisque le mariage a eu lieu juste après son départ au service militaire et de vivre à Rongères alors que depuis sa naissance il demeurait à Billy...

Mariage et association avec la belle-famille 1881

Martial le fils aîné ne s'entend pas avec sa belle-mère, et peut-être pas non plus avec son père….De plus il veut fonder une famille. Il a fait connaissance de la famille Mousset, cultivateurs à Montoldre aux Guys, depuis 1875. Martial épouse donc Antoinette Mousset le 12/02/1881 à Montoldre après contrat de mariage devant Maitre Grand à Billy, le 30/01/1881. Le contrat fixe les modalités de la société de culture entre Jean Mousset et Martial Deverne (les 2/3 pour les parents Mousset et 1/3 pour les futurs).

Pour avoir droit à cette société le futur versera la somme de 700 francs dans un an sans intérêts. Les parties déclarent que la valeur du fond social de la société est de 600 francs. Les parents Mousset se réservent en outre de prélever sur la société une somme de 300 francs avant tout partage avec les futurs. Ils se réservent de plus, de prélever sur la société les fournitures aux sœurs de la future, lors de leurs mariage, à condition qu'elles travaillent dans la société.

Cette nouvelle situation est moins favorable pour Martial que celle que lui avait proposé son père, mais sans doute n'a-t-il pas supporté la cohabitation avec sa belle-mère.....

Les parents de la future lui constituent en dot un trousseau composé d'un lit complet, couette, traversin, rideaux en cretonne, une couverture en laine, une courte-pointe, deux oreillers, 10 draps de lit, 10 serviettes, 41 m de toile pour nappes, 10 torchons, 10 essuie-mains, une armoire, le tout estimé aimablement à la somme de 200 francs.

Martial intègre donc sa belle-famille, composée de Jean Baptiste Mousset et Antoinette Peraud avec encore 4 enfants mineurs, Pierre Peraud le grand-père, autrefois le chef et alors le « beau-père du chef ».

Marie la soeur aînée et son mari Jean Gausse (épousé en 1875) quittent la communauté familiale,  Antoinette et  Martial les remplacent.

Martial et Antoinette ont leur premier enfant à Montoldre, le 17/05/1882 : Antoinette.

Cultivateur dans une locaterie de 4 ha seul Nardière (Billy) 1884

Martial, avec sa femme et sa fille quitte la famille Mousset pour prendre son indépendance et ne travaillera plus en société par la suite…La famille part en 1884 à Billy, commune de naissance et d'enfance de Martial à proximité de la cousine Anne Sarrazin mariée à Jean Bonjean, mais sans établir une association.

Martial accepte devant maitre Morand un bail à ½ fruits de Jean Morand le 04/01/1884 pour 3 ans à partir du 11/11/1884. Il s'agit d'une locaterie au Petit Perron à Billy/Nardière ayant bâtiments d'habitation, d'exploitation et 4 ha de terres en dépendant.

Le bail détaille les obligations du preneur, comme par exemple :tous les produits de récole seront ramassés et engrangés par le preneur pour être ensuite partagés avec le propriétaire. A titre de servine le preneur délivrera chaque année 4 poulets, 4 douzaines d'oeufs, 7 kg et demi de beurre, un litre de lait et un fromage par semaine quand il y en aura. Pour asseoir l'enregistrement les 2 parties évaluent à 300 francs le revenu de la locaterie. Les 2 parties ont signé avec le notaire et les témoins.

Martial âgé de 33 ans assiste comme témoin au mariage de son frère Martial, domestique à Varennes, qui épouse le 29/01/1887, à Bayet, Marie Mousset, soeur cadette de sa femme Antoinette. Mais il n'est pas question d'association entre les 2 couples. Le nouveau couple s'installe à son tour chez Jean Mousset et Antoinette Peraud, qui gardent auprès d'eux les uns après les autres les couples de leurs filles au début du mariage...

Cultivateur dans une locaterie de 9 ha : 2 hommes Dayalot (Billy) 1887

Le 02/01/1887 Martial signe devant Maître Grand un nouveau bail à ½ fruits. Il quitte Nardière pour Dayalot. Il s'agit d'une locaterie composée de bâtiments d'habitation et d'exploitation et une étendue de 9 ha de terres et de vignes. La locaterie contient davantage de terre que la précédente, ce qui nécessite plus de travail et davantage de main d'oeuvre...

Les conditions du bail sont traditionnelles. Ainsi le bailleur se réserve la direction générale de la culture. Le preneur devra avoir 2 hommes pour travailler. Martial ne voulant pas d'associés ce sera avec l'aide d'un domestique..

cultivateur locaterie aux Sigauds (Magnet)

Martial et sa femme Antoinette, avec leur fille Antoinette quittent Dayalot, le bail se terminant le 11/11/1890. Ils partent à Magnet/les Sigauds. Antoinette fréquente l'école tenue par des religieuses. Un deuxième enfant, encore une fille naît à Magnet le 26/03/1895 : Antoinette (mais sera appelée « Berthe »)

Martial et Antoinette quittent les Sigauds de Magnet

cultivateur locaterie au Vernet (Brout-Vernet)

Ils demeurent au Vernet de Brout avec leurs deux filles vers 1895.

Celles-ci, malgré les ressources très limitées de la famille ne sont pas placées comme domestiques, elles restent auprès de leurs parents jusqu'à leur mariage.

Antoinette, la fille aînée de Martial se marie le 28/09/1901 avec son voisin au Vernet de Brout, Jean Bardot. Mais là non plus il n'est pas question d'association entre beau-père et gendre. Jean Bardot et son frère aîné tiennent en fermage le domaine de la Plume.

Suite à une querelle familiale Jean Bardot et sa femme décident de quitter la culture et demeurent à Saint Pourçain, Jean travaille comme journalier.

Cultivateur locaterie Montauban (Bayet)

Martial, Antoinette et leur fille cadette partent alors à Bayet-Montauban, et c'est chez eux qu'Antoinette venue en visite accouche de son premier enfant, Marcel, le 05/12/1902.

Pour améliorer la situation familiale de la famille un enfant trouvé Raymond Bonnet, venant de Paris leur est confié, ils doivent l'élever jusqu'à l'âge de 13 ans, contre une petite rétribution.

Les 5 sœurs d'Antoinette sont mariées avec des cultivateurs mais Martial continue son activité en solitaire...

Antoinette et son mari Jean Bardot décident de partir à Paris, où est déjà installé un frère de Jean. Ils laissent provisoirement leur fils aux parents d'Antoinette à Bayet. L'enfant y fréquente la première classe. Pour la rentrée de 1908 l'enfant est scolarisé à Paris.

Les propriétaires de la locaterie de Bayet/Montauban veulent récupérer leur bien, Martial, sa femme et leur fille cadette doivent partir.

Cultivateur métayer à Martilly (Bayet)

Ils prennent alors en métayage une autre locaterie, à Bayet, mais loin du bourg, à Martilly. La locaterie dépend de la ferme des Aubays, tout en se trouvant en face de la ferme des Gouzolles.

Antoinette dite Berthe, la fille cadette de Martial se marie à Bayet en 1914. Son mari Pierre Griffet était domestique en 1906 à Martilly (Bayet) chez Claude Emery.

La guerre éclate et Pierre est mobilisé rapidement. Il est envoyé, blessé en captivité en Allemagne et rentre en mauvais état de santé. Quand il peut se remettre au travail il décide de ne pas se consacrer à la culture.Il vit avec sa femme et son fils né en 1926 à Saint-Pourçain.

Martial tant que ses forces le lui permettent continue sa tâche de métayer, ensuite il se contente de participer comme journalier aux travaux qu'il peut encore assurer.

Martial décède à Bayet Martilly le 18/08/1929