Modes variés d'exercice du métier de cultivateur


Les jeunes cultivateurs libérés du service militaire restent en général domestiques jusqu'à leur mariage. Les jeunes mariés s'installent très rarement seuls, et dans ce cas travaillent comme journaliers. Habituellement  ils entrent en association auprès des parents de l'un ou de l'autre. Mais après un certain temps comme associés en famille ils peuvent continuer ou reprendre leur indépendance, question de personnalité, de caractère, ou en fonction de la première expérience...

Par choix ou selon les circonstances les cultivateurs travaillent en association ou en solitaires.


L'association de plusieurs couples permet d'obtenir un bail pour un domaine assez important, le propriétaire demandant un nombre d'hommes en état de travailler en fonction de la superficie des terres à exploiter. Pour 30 hectares 3 ou 4 sont demandés , pour 20 hectares deux.


Une autres solution que l'association c'est d'employer des domestiques – considérés comme des hommes par le bailleur seulement à partir de 18 ans...

Sinon le cultivateur peut se contenter d'une locaterie avec quelques hectares et un cheptel limité et travailler avec sa femme et éventuellement avec un ou une domestique.


Ont préféré l'association : Pierre Bardot (1810-1894)

Pierre a vécu et travaillé dans un cadre familial, en communauté quand il pouvait s'associer à des personnes de la famille : avec le couple de son frère, puis avec les couples de ses enfants. N'ayant pas fait de service militaire, il n'a jamais quitté le département de l'Allier et a vécu entre la Sioule et l'Allier....


                                             Jean-Baptiste Mousset (1832-1912)


Jean Baptiste, dès son mariage, s'est associé avec son beau-père et son beau-frère, puis successivement avec la plupart de ses gendres et enfin avec son fils. Toute sa vie il a travaillé comme cultivateur, en communauté. Il a accepté longtemps des baux de métayages puis de fermage...Il a toute sa vie été entouré par ses enfants.


Ont préféré l'indépendance Martial Deverne (1853-1929)


Martial ne semble pas avoir pu travailler en association : il a quitté rapidement la communauté avec son beau-père, il n'est pas resté non plus avec son père, et n'a pas essayé de s'associer avec son frère, marié avec la sœur de sa femme. Il restera toute sa vie petit métayer travaillant seul, parfois avec un domestique, sa femme fournissant le travail féminin : entretien de la maison, repas, vente du surplus au marché gestion de la basse-cour etc…. Mais malgré leurs revenus très faibles, les deux filles sont restées auprès de leurs père et mère jusqu'à leur mariage....



Les cultivateurs non propriétaires doivent prendre en bail soit un domaine comprenant les bâtiments et les terres, soit séparément louer une maison et prendre des lopins de terres en bail. Les baux durent un an, ou 3 ans, ou plus, et peuvent être renouvelés.

Mais certains cultivateurs changent  de commune à la fin de chaque bail....

François Favier  (1841-??)

A partir de son mariage en 1868 jusqu'à sa dernière preuve de vie  en 1911 a changé 13 fois  de lieu de travail, que ce soit dans le cadre d'une association familiale  ou en dehors d'une association. Il a ainsi  vécu à Saint-Didier, Saint-Pont, le Mayet d'Ecole, Saint Rermy, Marcenat,  Vendat, Espinasse, Serbannes, Biozat, en restant entre l'Allier et la Sioule, au sud du département......



D'autre part certains cultivateurs se consacrent uniquement et leur vie durant à la culture et l'élevage, d'autres, au contraire  simultanément exercent plusieurs professions, sans abandonner la culture...

Philippe Deverne (1792-1872)

La profession principale de Philippe semble bien avoir été tisserand, il possédait 2 métiers et employait un ouvrier, mais il était aussi cultivateur, pour la culture du chanvre, dont il avait besoin pour son activité, mais aussi pour l'alimentation de sa famille. Il a acheté des terres qu'il a vendues à la fin de sa vie. Quant à son activité de cabaretier, elle devait être annexe, peut-être lui permettait-elle d'y écouler le vin de ses vignes ?….

Du fait de ses activités différentes, et sans doute aussi parce qu'il n'avait pas d'enfants, il a pu atteindre une certaine aisance, alors qu'il n'avait pas commencé sa vie d'adulte dans les meilleures conditions...



Certains, selon les périodes de leur vie, ne sont cultivateurs qu'un certain temps, puis exercent d'autres activités comme meunier, tisserand, cabaretier, …. ou domestique

Claude Gournillat (1836-1901)

Claude, fils de cultivateurs a donc préféré travailler comme meunier, d'abord comme domestique, puis comme ouvrier, mais après son mariage il est cultivateur à Paray sus Briailles, puis à Saint-Pourçain il est domestique, journalier, voiturier etc...